Une comédienne très connue au Québec lance un cri du coeur sur sa réalité après 33 ans de métier

Amélie B. Simard, 41 ans, pratique le métier de comédienne depuis l’âge de 8 ans. Dans une publication touchante partagée sur Instagram, elle livre une confession brute sur la précarité qui guette même les visages familiers du petit écran québécois.

«Même si ça n’a pas toujours été un métier facile, j’ai toujours cru qu’avec le temps, l’expérience, le travail, les années… j’allais finir par trouver ma place. La vérité, c’est qu’à 41 ans, trouver ma place reste difficile», écrit-elle d’emblée.

@ameliebsim

L’actrice, qu’on a notamment vue dans la série Alertes, décrit une réalité que bien des artistes taisent par peur de paraître ingrats ou découragés. Elle ne cherche ni pitié ni plainte, mais simplement à nommer ce que vivent des dizaines de comédiens talentueux qui attendent, doutent et s’accrochent à un métier qu’ils aiment profondément.

Le coeur du problème? Les auditions sont devenues une denrée rare. «Maintenant, avoir une audition est devenu une denrée rare. Et quand une occasion se présente, on a l’impression qu’il faut tout miser dessus, parce qu’on ne sait pas quand viendra la prochaine», confie-t-elle. Cette incertitude transforme chaque opportunité en enjeu de survie professionnelle, ajoutant une pression énorme à un processus déjà stressant en soi.

Voici le texte intégral:

Je suis comédienne depuis l’âge de 8 ans. J’en ai 41 aujourd’hui. Et même si ça n’a pas toujours été un métier facile, j’ai toujours cru qu’avec le temps, l’expérience, le travail, les années, j’allais finir par trouver ma place. La vérité, c’est qu’à 41 ans, trouver ma place reste difficile.

Maintenant, avoir une audition est devenu une denrée rare. Et quand une occasion se présente, on a l’impression qu’il faut tout miser dessus, parce qu’on ne sait pas quand viendra la prochaine. Ça ajoute une pression énorme à un processus qui est déjà stressant en soi. Moins de projets, moins d’occasions d’auditionner, et beaucoup de comédiennes et de comédiens qui espèrent simplement avoir la chance de montrer ce qu’ils savent faire. Dans les derniers temps, j’évite certaines premières. Pas parce que je n’ai pas envie d’y être ou de célébrer le travail des autres, mais parce que j’ai développé une anxiété face à cette question toute simple qu’on nous pose souvent : « C’est quoi ton prochain projet ? » Et souvent, je ne sais pas quoi répondre. Je ne sais pas c’est quoi mon prochain projet. Je ne sais pas quand sera ma prochaine audition. Et j’ai envie d’en parler ici.

Pas pour me plaindre. Pas pour qu’on me prenne en pitié. Mais parce que je pense qu’on ne parle pas assez de cette réalité-là. Derrière les tapis rouges, les premières, les photos et les quelques visages qu’on voit partout, il y a énormément de comédiennes et de comédiens talentueux qui attendent. Qui travaillent ailleurs pour pouvoir continuer à exercer leur métier. Qui doutent. Qui essaient de rester dans la course. Qui se demandent combien de temps ils pourront continuer à exercer ce métier qu’ils aiment, et dans lequel ils ont tant investi. La réalité, c’est qu’une toute petite minorité arrive réellement à vivre du jeu. Et notre culture québécoise traverse quelque chose de difficile. Derrière « la culture », il y a des humains qui essaient de continuer à créer, à raconter nos histoires et à exercer le métier qu’ils aiment.

Et je sais que je suis loin d’être la seule. Si aujourd’hui j’arrive encore à vivre de mon métier, c’est en grande partie grâce à la voix publicitaire. Et j’en suis profondément reconnaissante. Parce que sans ce volet de mon travail, il y a longtemps que j’aurais dû me trouver un autre métier pour gagner ma vie. J’aime profondément mon métier. Après 33 ans, je l’aime encore. Je veux encore jouer. Je veux encore raconter des histoires. Je veux encore avoir la chance d’essayer. Et je souhaite de tout mon cœur qu’il y ait plus de place pour plus d’artistes.

Amélie B. Simard avoue éviter certaines premières ces derniers temps, non par manque d’envie, mais par anxiété face à la question inévitable: «C’est quoi ton prochain projet?». «Souvent, je ne sais pas quoi répondre. Je ne sais pas c’est quoi mon prochain projet. Je ne sais pas quand sera ma prochaine audition», écrit-elle avec une franchise désarmante.

Si la comédienne arrive encore à vivre de son art aujourd’hui, c’est grâce à un volet moins visible mais essentiel de son travail: la voix publicitaire. «Si aujourd’hui j’arrive encore à vivre de mon métier, c’est en grande partie grâce à la voix publicitaire. Et j’en suis profondément reconnaissante. Parce que sans ce volet de mon travail, il y a longtemps que j’aurais dû me trouver un autre métier pour gagner ma vie», souligne-t-elle.

Elle insiste: elle n’est pas seule dans cette situation. «Derrière les tapis rouges, les premières, les photos et les quelques visages qu’on voit partout, il y a énormément de comédiennes et de comédiens talentueux qui attendent», rappelle-t-elle. Certains travaillent ailleurs pour continuer à exercer leur métier. D’autres se demandent combien de temps ils pourront tenir dans cette course.

@ameliebsim

Malgré les embûches, Amélie B. Simard n’a pas perdu la flamme. «Après 33 ans, je l’aime encore. Je veux encore jouer. Je veux encore raconter des histoires. Je veux encore avoir la chance d’essayer», écrit-elle avec émotion. Son souhait? «Qu’il y ait plus de place pour plus d’artistes.»

Elle rappelle que derrière le mot «culture», il y a des humains qui essaient de continuer à créer, à raconter nos histoires québécoises et à exercer le métier qu’ils aiment. «Et notre culture québécoise traverse quelque chose de difficile», note-t-elle, sans détour.

Ce cri du coeur arrive dans un contexte où la précarité financière des artistes québécois s’est nettement dégradée depuis la pandémie, comme l’a documenté un vaste dossier publié en juillet 2026. Amélie B. Simard ne demande pas la lune. Juste plus d’occasions d’auditionner, plus de projets, et plus de place pour que les talents — même ceux qu’on ne voit pas partout — puissent enfin respirer.

Mis à jour le 27 août 2026 3:02 pm