Dire où l’on habite peut vite devenir un jugement public. C’est exactement ce que vit Sarah Massie, jumelle bien connue au Québec, après une vidéo qui a déclenché une pluie de commentaires sur Saint-Lin–Laurentides.
Entre perceptions, préjugés et réalité du terrain, elle remet les pendules à l’heure avec un message simple, mais percutant.
Dans sa vidéo, Sarah ne mâche pas ses mots : « Selon la théorie des chers gens sur TikTok, St-Lin c’est BS. C’est à dire que tout le quartier c’est BS. C’est pas possible. Je sais pas comment on fait pour se payer des grosse maisons comme ça. Mais bon. Je trouve pas ça si BS que ça, moi. »
@lajumelleqc
Son témoignage soulève un point sensible : l’écart entre l’image d’une ville et la réalité vécue par ses résidents. À Saint-Lin, comme dans plusieurs municipalités en croissance autour de Montréal, les nouvelles constructions et l’arrivée de jeunes familles changent rapidement le paysage. Selon les données municipales récentes, la population a bondi de plus de 20 % en moins de dix ans.
Sous la vidéo, les réactions illustrent bien le fossé d’opinions. Certains appuient la perception négative : « ces bs cette ville la », écrit Cindy, tandis qu’un autre ajoute simplement : « C’est BS ».
Mais plusieurs nuancent le débat. Bree souligne : « Ces pas St-lin qui est Bs , ces l’attitude des gens de St-Lin loll », mettant l’accent sur les comportements plutôt que le lieu. Dans la même veine, Perli affirme : « C’est la mentalité BS, pas nécessairement le fait d’avoir de l’argent ou pas.. ».
D’autres remettent en question la pertinence même du débat. Julie Christine écrit : « Je sais pas pourquoi tu t’arrêtais des niaiseries même! », tandis qu’un internaute note que « La ville a mauvaise presse », résumant bien le problème d’image.
@lajumelleqc
Ce qui ressort, c’est surtout la rapidité avec laquelle une étiquette peut coller à une ville entière. Pourtant, Saint-Lin présente une réalité plus nuancée : des quartiers récents, des propriétés en forte demande et un coût de la vie encore plus accessible que dans les grands centres.
Des experts en urbanisme rappellent d’ailleurs que ces jugements sont fréquents dans les zones en transition. « Quand une ville se développe rapidement, elle devient une cible facile pour les stéréotypes », explique un analyste du marché résidentiel québécois.
@lajumelleqc
Dans ce contexte, la prise de parole de Sarah Massie agit comme un contrepoids. Elle ne nie pas les critiques, mais refuse de réduire son milieu de vie à une simple étiquette. Et c’est peut-être là que son message frappe le plus fort : derrière chaque quartier, il y a des gens, des parcours et une réalité bien plus complexe que quelques commentaires en ligne.
En fin de compte, la question n’est peut-être pas de savoir si un endroit est « BS », mais pourquoi on ressent le besoin de le définir ainsi.
