Un humoriste très connu au Québec ramasse complètement Pier-Luc Funk sur son discours à la St-Jean

L’émotion était forte aux Plaines d’Abraham le 23 juin. Devant des milliers de personnes, Pier-Luc Funk a livré un discours vibrant sur l’identité québécoise, salué par plusieurs.

Mais dès le lendemain, une réplique cinglante est venue brouiller le consensus. L’humoriste Fred Dubé a publié un texte incendiaire qui remet en question, de front, la vision de la culture proposée lors de cette soirée festive.

Pier-Luc Funk

Dans son message, Fred Dubé ne s’attaque pas seulement à Pier-Luc Funk, mais à une conception entière de la culture québécoise. Il cite Gaston Miron pour rappeler que la culture dépasse largement les artistes ou la langue. « La culture, c’est notre version à nous de vivre l’humanité », écrit-il, avant de pousser l’idée beaucoup plus loin.

Selon lui, cette culture se reflète dans des choix très concrets : l’accès au territoire, la gestion de la richesse, ou encore la tolérance face aux inégalités. Il souligne notamment que plusieurs accès aux rivières et aux lacs restent limités ou privés, un exemple qui, à ses yeux, contredit le discours rassembleur souvent mis de l’avant.

Là où la critique devient plus mordante, c’est dans sa lecture de la Fête nationale elle-même. Dubé accuse une certaine mise en marché de l’identité québécoise, incarnée selon lui par des figures publiques populaires.

Il écrit : « Après s’être mis riche en nous vendant des multinationales, Pier-Luc Funk nous vend maintenant la Fête nationale. Un autre produit sur le marché. »

Dans cette optique, les rassemblements du 24 juin ne seraient plus seulement des moments de célébration collective, mais aussi des vitrines de divertissement formaté. Il évoque une culture qui se consomme, au même titre que des marques ou des produits, plutôt qu’une culture vécue dans ses contradictions et ses tensions.

Fred Dubé

Au-delà de la cible individuelle, le texte de Dubé touche un nerf sensible. Depuis quelques années, plusieurs voix s’interrogent sur le sens réel de la Fête nationale, surtout chez les plus jeunes générations. En 2025, un sondage Léger révélait que près de 37% des Québécois de moins de 35 ans se disent « peu interpellés » par les célébrations traditionnelles.

La charge de Dubé, aussi abrasive soit-elle, s’inscrit dans ce questionnement. Il termine avec une phrase choc qui résume son désenchantement : « Notre version à nous de vivre l’humanité : une gang de crossés amoureux de ses crosseurs. »

Cette sortie ne fera certainement pas l’unanimité. Mais elle force une réflexion : la culture québécoise est-elle encore portée par un projet collectif… ou simplement par des moments festifs bien orchestrés?

Mis à jour le 24 juin 2026 11:42 am