La soirée de la Saint-Jean sur les Plaines d’Abraham a pris une tournure particulièrement émotive cette année.
Devant une foule rassemblée pour célébrer, Pier-Luc Funk a livré un discours qui a touché une corde sensible. En quelques minutes, il a su mettre des mots sur un sentiment collectif : celui d’un peuple qui doute parfois, mais qui refuse de disparaître.
Dès les premières phrases, le ton est donné. « La Saint-Jean, c’est plus qu’une date dans un calendrier », lance-t-il, installant une réflexion sur l’identité et la mémoire. Il évoque un Québec souvent perçu comme fragile : « Un petit peuple dans un grand continent, avec une langue fragile, avec une culture à protéger ».
Pier-Luc Funk
Mais loin de s’apitoyer, il rappelle la résilience collective : « Il n’y en a pas beaucoup qui auraient parié sur nous autres… et pourtant, on est encore là. On est encore debout ». Ce passage, accueilli par des applaudissements nourris, agit comme un électrochoc. Il transforme un constat d’incertitude en déclaration de fierté.
Le cœur du discours repose sur une image forte : celle du feu. Pier-Luc Funk raconte l’histoire d’une étincelle devenue flamme, puis brasier. « Pour qu’une étincelle soit capable de survivre à moins 40, il faut qu’elle soit faite forte en tabarnak », dit-il, déclenchant rires et approbation.
Cette métaphore devient rapidement un symbole collectif. « De cette étincelle-là est née une flamme. Puis de cette flamme-là est né un feu ». Un feu qui, selon lui, « illumine les nuits les plus sombres » et « réchauffe les jours les plus frais ». En quelques images simples, il réussit à résumer des générations d’histoire, de luttes et de solidarité.
Mais le moment le plus marquant arrive lorsqu’il parle du présent. « Ce feu-là… ce n’est pas quelque chose qu’on peut prendre pour acquis », insiste-t-il. Il rappelle que cette flamme collective doit être entretenue au quotidien.
Il décrit ce qui l’alimente concrètement : « des regards bienveillants, des rires partagés, des mains étendues quand quelqu’un tombe ». Il insiste aussi sur l’importance de l’écoute : « des oreilles attentives quand quelqu’un parle, même s’il ne pense pas comme nous autres ».
Pier-Luc Funk
Son message est inclusif et rassembleur : « Peu importe ton histoire, peu importe ton accent, peu importe d’où tu viens… si tu es prêt à venir y mettre ta bûche, tu es le bienvenu ». Une phrase qui résonne particulièrement dans un Québec en constante évolution.
En quittant la scène, Pier-Luc Funk n’a pas seulement livré un discours. Il a ravivé quelque chose de plus profond : un sentiment d’appartenance, fragile mais tenace, que chacun est appelé à nourrir.
Voici le discours complet:
@lambertt__ « pour qu’une étincelle survive à -40, faut qu’à soit faite forte en tabarnac » ✨ @Pier-Luc Funk sur les plaines a en avoir des frissons @La Fête nationale du Québec @telequebec ♬ son original – lambertt__
La Saint-Jean, c’est plus qu’une date dans un
calendrier.
C’est un moment où on prend le temps de se rappeler d’où on
vient,
puis on prend le temps de réfléchir à où on va.
Quand on regarde d’où on vient,
je pense qu’il n’y en a pas beaucoup qui aurait parié sur nous
autres.
Un petit peuple dans un grand continent,
avec une langue fragile,
avec une culture à protéger.
Je pense qu’il y en a qui se sont dit qu’on allait être faciles à
tasser.
Et pourtant, on est encore là.
On est encore debout.
Sauf que c’est né,
se battre, survivre,
ça coule dans nos veines depuis bien plus longtemps que nous
autres.
On est les descendants de gens qui ont appris à se tenir debout
puis à mettre leur pied en terre.
On est les héritiers de gens qui sont partis de petites
affaires
pour bâtir de grandes choses.
On est parti d’une étincelle.
On va vous le dire :
pour qu’une étincelle soit capable de survivre à moins 40,
il faut qu’elle soit faite forte en tabarnak.
De cette étincelle-là est né une flamme.
Puis de cette flamme-là est né un feu.
Un feu capable d’illuminer les nuits les plus sombres,
de réchauffer les jours les plus frais.
Mais ce feu-là, cher ami Québécois,
ce n’est pas quelque chose qu’on peut prendre pour acquis.
C’est quelque chose qu’il faut protéger.
C’est quelque chose qu’il faut alimenter.
Ce feu-là, il s’alimente de grandes comme de petites
choses.
Il s’alimente de regards bien de réveillant,
de rencontres provoquées,
de rires partagées,
de mains étendues quand quelqu’un tombe,
d’oreilles attentives quand quelqu’un parle,
même s’il ne pense pas comme nous autres.
Il se nourrit d’empathie,
d’ouverture à l’autre,
d’équité.
Il se nourrit de compassion,
de moments où la seule raison pour que tu regardes dans la salle de
ton voisin,
c’est pour t’assurer qu’il y en a assez.
Il se nourrit de courage,
de détermination.
Pour faire ça simple,
ce feu-là se nourrit de tout ce qu’on est.
Peu importe ton histoire,
peu importe ton accent,
peu importe d’où tu viens,
pour ceux qui étaient là hier,
puis pour ceux qui arriveront demain,
si tu es prêts à venir y mettre ta bûche,
tu es le bienvenu.
