La déclaration a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures.
Invité au balado Sans Limite de Hugo Girard, l’entrepreneur Érik Gravel a lancé une phrase qui résonne encore : avoir 5 millions de dollars dans son compte, ce n’est tout simplement pas suffisant pour vivre confortablement sa retraite au Québec. « C’est le pire chiffre à avoir, parce que c’est pas assez pour prendre ta retraite, puis c’est comme trop pour dire que t’en as pas assez », a-t-il expliqué sans détour.
Érik Gravel
Pour plusieurs Québécois, l’affirmation semble presque provocatrice. Mais derrière ce constat se cache une réalité mathématique que peu osent regarder en face : l’inflation, la taxation et l’explosion du coût de la vie transforment radicalement ce qu’un million peut acheter d’une décennie à l’autre.
Le raisonnement de Gravel repose sur une logique implacable. Avec 5 millions placés à un rendement annuel de 10%, vous générez environ 500 000 $ avant impôts. Une fois les taxes payées, il reste autour de 250 000 $ pour vivre. Un montant qui semble énorme, jusqu’à ce qu’on réalise que dans 20 ou 30 ans, ce même 250 000 $ n’aura plus du tout le même pouvoir d’achat.
« Un million aujourd’hui, dans 20 ans, sera plus un million pour le monnayer de la même façon sur le marché », souligne l’entrepreneur. Les données lui donnent raison : entre 2017 et 2026, le prix des logements au Québec a grimpé de 69%, celui des aliments de 51%, et les dépenses de transport ont suivi la même courbe ascendante. Pendant ce temps, les salaires, même dans des métiers bien payés comme celui de pompier, n’ont augmenté que de 30 000 $ en 20 ans, passant de 80 000 $ à environ 110 000 $.
Le véritable problème, selon Gravel, ne réside pas dans la richesse elle-même, mais dans un système fiscal qui taxe à outrance. « Au Québec, il y a 38 taxes différentes : taxe scolaire, municipale, TPS, TVQ, taxe de bienvenue… Ton argent est taxé sur la taxe de la taxe », déplore-t-il. Résultat : même avec des revenus confortables, les ménages doivent se priver, magasiner aux rabais et renoncer aux petits plaisirs qui rendent la vie agréable.
Érik Gravel
Ce passage du podcast a déclenché un vif débat sur la séparation des richesses au Québec. Gravel insiste : le problème n’est pas que les riches s’enrichissent, mais bien que la taxation excessive et les dépenses gouvernementales mal gérées étouffent tout le monde. « La solution, c’est pas d’aller piger plus dans la poche des riches. C’est de donner un break à tout le monde », conclut-il.
Que l’on soit d’accord ou non avec lui, une chose est certaine : son affirmation force à réfléchir sur ce que signifie vraiment « avoir assez » dans le Québec de 2026.
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