Karine St-Michel lance un cri de coeur sur l’injustice qu’elle subit suite à sa nouvelle épouvantable

Dans une nouvelle série de stories Instagram publiées mercredi, Karine St-Michel a transformé sa douleur en un plaidoyer poignant contre une injustice systémique peu connue : l’absence de reconnaissance du deuil paternel en cas de mortinaissance.

Karine y décrit la situation absurde et cruelle dans laquelle se trouve Nicolas, le père de Charles. « Nicolas, le papa de Charles, a tellement mal que parfois, il a l’impression qu’il ne survivra jamais à la mort de son fils », écrit-elle, avant de révéler que le gouvernement s’attendait à ce qu’il soit de retour au travail dès le 2 septembre, soit le lendemain du décès de leur enfant.

Karine St-Michel

La phrase la plus cinglante de son message résume l’absurdité de cette situation: « Je suis une mère parce que j’ai accouché de Charles, mort-né. Nicolas n’est pas un père parce que son bébé n’a pas respiré ».

Cette distinction administrative, basée sur un critère biologique, nie l’entièreté de la paternité vécue par Nicolas pendant neuf mois. « Le papa de Charles a porté son fils dans son cœur, dans chacun de ses gestes, de ses projets, de ses mots, de ses espoirs, de sa vision du futur, de son identité et de sa musique, à chaque seconde des 9 derniers mois », énumère Karine, rappelant que le deuil d’un père n’a pas besoin de premiers cris pour être réel.

Karine St-Michel dénonce aussi les inégalités criantes dans le soutien offert aux parents endeuillés. Alors qu’elle a droit à 70% de son salaire pendant 18 semaines grâce au RQAP, Nicolas, travailleur autonome, n’a droit à rien. « Nous sommes supposés apprendre à vivre à nouveau sans notre fils, avec 70% d’un seul salaire, en 2026 », écrit-elle, soulignant l’ironie amère d’une société qui prône l’égalité des sexes tout en ignorant le deuil des pères.

Karine St-Michel

Elle pointe du doigt une présomption profondément ancrée : « Le gouvernement assume que les papas souffrent moins (ou pas) d’avoir perdu leur bébé parce qu’ils ne l’ont pas porté, ils ne l’ont pas accouché ». Cette vision, dit-elle, efface la réalité des pères qui parlent à leur enfant à travers le ventre, qui préparent une chambre, qui imaginent un futur, et qui se retrouvent soudainement privés de tout cela. « Ses souvenirs à lui, son deuil à lui et son traumatisme à lui n’ont pas de place pour exister, parce que son fils n’a pas respiré », constate-t-elle avec amertume.

C’est dans ce contexte que le GoFundMe lancé par sa meilleure amie prend tout son sens, explique Karine. « J’ai la chance d’avoir ma communauté, qui nous permettra de vivre notre deuil ensemble. Sauf que tous les couples endeuillés devraient avoir la chance de vivre leur deuil et de soigner leur traumatisme », écrit-elle, rappelant que la solidarité privée ne devrait pas avoir à pallier les lacunes d’un système public inadapté.

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Elle termine son message par une demande claire et urgente : « Le RQAP pour les mortinaissances devrait être accessible aux 2 parents. Les 2 parents devraient pouvoir vivre leur deuil. Pleurer la mort de leur enfant ensemble ». Ce cri du cœur dépasse son cas personnel : il devient une tribune pour toutes les familles qui traversent l’impensable et se heurtent, en plus de leur douleur, à un mur administratif et social.

Mis à jour le 9 septembre 2026 2:15 pm