Mercedes Morin vient de pousser un cri du cœur sur Instagram. Pour une énième fois, elle s’est fait avoir par des influenceur·euses en qui elle avait placé sa confiance.
«Ce n’est pas la première fois que j’accepte un partenariat avec des influenceur.euses et que je finis déçue», écrit-elle, visiblement à bout de patience. Cette fois-ci, elle avait offert cinq produits à cinq créateur·rice·s de contenu, par l’entremise d’un tiers. Résultat ? Silence radio. Rien. Pantoute.
@mercedes___morin
Ce que beaucoup oublient, c’est que chaque placement marketing représente un réel investissement pour une petite entreprise comme la sienne. «Quand je donne des vêtements, c’est du temps, des matières, de la production locale et de l’argent qui sort de mes poches», explique-t-elle. Chaque pièce envoyée, c’est des heures de travail, des tissus achetés, une production faite ici, au Québec, et un espoir de visibilité en retour. Quand l’influenceur·euse ne respecte pas son mandat, c’est tout cet investissement qui part en fumée.
Malheureusement, Mercedes Morin n’est pas seule dans cette situation. Les commentaires sous sa publication témoignent d’un phénomène répandu : «Je te feel, ça m’est arrivé exactement la même chose dernièrement», «Désolée pour toi! Complètement inacceptable. Ça m’est aussi arrivé plus d’une fois…», peut-on lire. Plusieurs propriétaires de micro-entreprises québécoises partagent la même frustration. «Ark! Ça m’écœure, surtout que nous sommes des minis entreprises où chaque dollar fait une différence», ajoute une autre entrepreneure. La moindre des choses, selon elles, serait de retourner l’article si on ne compte pas remplir sa part de l’entente.
«Où est passée l’éthique de travail ?», s’interroge Mercedes Morin. Elle pointe du doigt un comportement qu’elle juge «particulièrement dommageable pour les petites entreprises». Ce genre de pratique, selon elle, finit par déteindre sur toute la profession, même sur ceux et celles qui font les choses correctement. «À force de traiter les collaborations comme si les produits tombaient du ciel, ça use les gens», constate-t-elle avec amertume.

Sa conclusion est sans équivoque : «Alors peut-être que la prochaine fois, je vais simplement garder mes vêtements pour les personnes qui ont réellement envie de les porter.» Un message clair, qui en dit long sur la lassitude grandissante des entrepreneurs face à certaines dérives du marketing d’influence.
Un appel à la responsabilisation
Ce coup de gueule tombe à point nommé, alors que les mauvaises pratiques des influenceur·euses sont de plus en plus dénoncées sur les réseaux sociaux. Mercedes Morin espère que son message fera réfléchir. «Bravo de le nommer tout haut, ça ne devrait pas être une norme», lui répondent ses abonnés. Reste à savoir si cette prise de parole suffira à changer les choses, ou si d’autres entrepreneurs devront, eux aussi, apprendre à leurs dépens que tous les influenceur·euses ne méritent pas leur confiance.
