Leur départ de Maison Lavande a longtemps alimenté les discussions au Québec. Dans Un café avec Judith, Marjolaine et Florence Ferron racontent enfin ce qu’elles ont vécu après plus de 16 ans dans l’entreprise familiale.
Elles parlent d’une « rupture professionnelle », d’un climat devenu insoutenable et d’une décision qui a fini par s’imposer quand, disent-elles, « ça ne fonctionnait plus ».
Un café avec Judith
Dans le podcast, Marjolaine explique que l’histoire qui a mené à ce point de rupture, c’est une chose, mais que la vraie déchirure, c’est le moment où elles ont compris certains éléments entourant la structure et des décisions qui avaient été prises et qui les ont branlées. Elle ajoute que cela a rendu la situation irréparable. Florence, de son côté, dit qu’une entreprise familiale peut amener à normaliser des choses qui ne devraient pas l’être.
Elles racontent aussi avoir tenté de régler la situation autrement. Dans l’épisode, elles disent avoir essayé des méthodes de conciliation, modifié leur façon de parler et consulté des experts pour comprendre comment avancer. Malgré ces efforts, elles estiment qu’on est arrivé à un point où il fallait choisir: « soit vous, soit nous ».
Leur témoignage insiste beaucoup sur ce mélange explosif entre famille et affaires. Marjolaine dit qu’on peut accepter « des choses qui sont pas normales » sous prétexte que c’est une entreprise familiale, puis se rendre compte trop tard que ça ne tenait plus. Florence renchérit en disant que, dans leur cas, la rupture a aussi touché la santé mentale et physique, au point où il fallait proposer une solution.
Comme le résume le top commentaire sous le podcast: « Pour ceux et celles qui se demandent pourquoi elles seraient des « victimes » de la rupture professionnelle : lorsqu’elles ont quitté l’entreprise, selon les documents, leurs actions ne valaient rien. Elles ont donc travaillé pendant plus d’une décennie en recevant un salaire, mais sans détenir aucune part de l’entreprise (à leur grande surprise). Elles ont été trahies par les fondateurs de Maison Lavande, et je les trouve extrêmement humbles de ne pas le verbaliser haut et fort. Je les aime beaucoup et je trouve important de mettre leur lumière en valeur. «
Un Café avec Judith
Elles évoquent aussi la question des parts et de l’actionnariat. Elles avaient manifesté « l’idée d’avoir plus de parts », que les discussions n’allaient pas assez vite et que, pour elles, la structure a fini par devenir un mur. Marjolaine dit même qu’« à la fin de la journée », elles avaient besoin de savoir où elles s’en allaient.
Florence dit qu’elles ne veulent pas être définies par les drames. Marjolaine explique qu’elles ont vécu l’injustice, la trahison et la brisure, mais qu’elles ne veulent pas se résumer à ça. Elles répètent que leur vie n’est pas que drame et qu’elles ont appris à regarder vers l’avant.
Au fond, leur message est simple: elles n’ont pas quitté Maison Lavande de gaieté de cœur. Elles l’ont fait après avoir trop longtemps espéré que ça se règle autrement. Et c’est ce mélange de retenue, de lucidité et de franchise qui rend leur récit si fort.
