Dans l’espace public québécois, certaines tensions couvent longtemps avant d’exploser. C’est exactement ce qui se produit entre Louis Morissette et Mathieu Bock-Côté.
En quelques déclarations à la radio, suivies d’une réplique cinglante, le débat autour du film François.e s’est transformé en véritable affrontement d’idées. Et derrière les mots, c’est une vision du monde qui s’entrechoque.
Louis Morissette
Invité à QUB Radio, Louis Morissette a rapidement évacué la critique de Mathieu Bock-Côté. Sans entrer dans le fond, il a laissé entendre que cette réaction était prévisible, presque automatique. « Mathieu Bock-Côté, qui a critiqué, c’est comme: aujourd’hui, c’est mercredi », a-t-il lancé, suggérant que la critique faisait simplement partie du personnage.
Morissette reconnaît toutefois qu’un film peut diviser. Il insiste sur le fait que François.e a été généralement bien reçu, tout en acceptant que certains n’adhèrent pas. Pour lui, la critique individuelle ne reflète pas nécessairement la réception globale.
Mais cette réponse, brève et détachée, n’a pas calmé le jeu. Au contraire, elle a servi de déclencheur.
Mathieu Bock-Côté n’a pas tardé à réagir publiquement. Il reproche à Morissette d’éviter les arguments de fond et de réduire sa critique à une posture caricaturale. « Il la mentionne pour la balayer du revers de la main », écrit-il, visiblement irrité.
Selon lui, le problème dépasse largement une simple opinion sur un film. Il accuse Morissette de refuser un débat sérieux, préférant ignorer les critiques structurées au profit des réactions plus bruyantes et faciles à discréditer. « Un débat, ce n’est pas un cours de morale où les ouverts affrontent les fermés », insiste-t-il.
Cette sortie transforme une divergence artistique en confrontation idéologique. Le ton monte, et les positions se durcissent.
Au-delà de l’échange personnel, c’est le contenu même de François.e qui alimente la controverse. Dans sa critique détaillée, Bock-Côté affirme que le film dépasse la question de la transidentité pour proposer une satire de l’homme blanc, qu’il juge dévalorisante.
QUB RADIO
Il décrit un récit où le personnage principal ne trouve reconnaissance qu’en changeant d’identité, avant d’être rejeté lorsqu’il revient à lui-même. Cette trajectoire, selon lui, envoie un message social troublant. « Il y a des limites à se faire traiter comme un déchet », conclut-il.
De son côté, Morissette semble plutôt voir son œuvre comme une proposition artistique ouverte, sujette à interprétation, mais légitime dans ses intentions.
Cette confrontation révèle une fracture bien réelle dans le paysage culturel québécois. Entre liberté artistique, perception du public et débats de société, François.e devient plus qu’un film: un point de tension. Et visiblement, la discussion est loin d’être terminée.
@qub_radio La critique de Mathieu Bock-Côté n'a pas surpris Louis Morissette… 🎙️👀#wokisme #blanc #noir #couleur #quotas #tiktokquebec #tiktokqc #débat #radio #transition #cinéma #film #lgbtq #mathieubockcôté #médias #critique #pourtoi ♬ son original – qub_radio
