L’histoire aurait pu se terminer bien autrement. En quelques heures, tout a basculé pour Normand Brathwaite. Hospitalisé d’urgence, l’animateur québécois a vu sa vie basculer à cause de complications graves liées à sa consommation d’alcool.
Aujourd’hui, il choisit de parler. Pas pour choquer, mais pour expliquer. Et surtout, pour ne plus jamais replonger.
Normand Brathwaite
C’est une acidocétose diabétique, combinée à une insuffisance rénale aiguë, qui a mené Normand Brathwaite à l’hôpital. Une condition sérieuse, souvent sous-estimée, mais potentiellement mortelle. Dans son cas, les années de consommation excessive d’alcool ont lourdement pesé dans la balance.
Le choc a été brutal. Le sevrage, lui, encore plus. L’animateur décrit une expérience physique intense, difficile à imaginer pour quelqu’un qui ne l’a jamais vécue. Cette épreuve a marqué un point de rupture clair dans sa vie. « Je ne boirai jamais plus de ma vie », confie-t-il sans détour.
À 67 ans, il comprend que continuer aurait été une décision irréversible. Ce passage à l’hôpital n’a pas seulement sauvé sa vie — il l’a forcé à la regarder en face.
Une maladie enracinée bien plus loin que l’alcool
Depuis sa sortie, Normand Brathwaite suit une thérapie chaque semaine. Un travail en profondeur, qui dépasse largement la consommation elle-même. Sa psychologue lui a expliqué une réalité souvent méconnue : l’alcool ne représente qu’une partie du problème.
« L’alcool, c’est 15%. Le reste, ce sont des blessures », lui a-t-on dit.
Dans son cas, l’histoire familiale pèse lourd. Ses parents et ses deux frères ont tous été aux prises avec l’alcoolisme. Une réalité qui l’amène aujourd’hui à voir sa situation autrement. Non pas comme un manque de volonté, mais comme une maladie complexe.
Cette prise de conscience change tout. Elle enlève la honte, mais impose aussi une responsabilité : celle de se traiter sérieusement, sans compromis.
Normand Brathwaite
Ce qui frappe dans cette prise de parole, c’est sa transparence. Normand Brathwaite n’avait jamais abordé publiquement son alcoolisme auparavant. Aujourd’hui, il le fait sans détour, avec lucidité — et même avec son humour habituel.
Ce témoignage arrive à un moment où plusieurs Québécois vivent en silence des problèmes similaires. En mettant des mots sur son parcours, il contribue à ouvrir une discussion encore trop souvent évitée dans les familles.
Son message est clair : il est possible de s’en sortir, mais il faut d’abord reconnaître le problème. Et accepter de demander de l’aide.
Normand Brathwaite amorce maintenant un nouveau chapitre. Plus fragile, peut-être, mais surtout plus conscient. Et cette lucidité pourrait bien devenir sa plus grande force.
