Vivre à trois sous le même toit avec son ex et son conjoint actuel : pour plusieurs, l’idée semble improbable.
Pourtant, au Québec, cette réalité devient moins marginale qu’on pourrait le croire. Derrière ce choix, il n’y a pas seulement une histoire personnelle hors norme, mais aussi une pression bien réelle : celle du coût de la vie qui force à repenser nos façons d’habiter.
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Caroline, 56 ans, partage sa maison avec son conjoint Romuald… et son ex, Christian. Une situation qui pourrait sembler explosive, mais qui fonctionne depuis maintenant trois ans. Leur secret ? Une relation transformée avec le temps.
« Ça fait plus de 30 ans. Ce n’est plus un ex, c’est devenu un ami », explique Caroline. Loin des tensions qu’on pourrait imaginer, le trio mise sur le respect, l’espace personnel et une communication constante.
Romuald admet qu’il y a eu une période d’adaptation. L’arrivée ne s’est pas faite du jour au lendemain : Christian a d’abord été invité les fins de semaine pendant plusieurs mois. Une transition graduelle qui a permis de tester la dynamique et d’éviter les conflits majeurs.
Quand la réalité économique change les choix
Ce type de cohabitation s’inscrit dans une tendance plus large. Entre 2001 et 2021, le nombre de ménages en colocation a bondi de 54 % au pays, selon Statistique Canada. Et ce ne sont plus seulement des jeunes dans la vingtaine.
Dans ce contexte, partager un logement devient une stratégie concrète pour réduire les dépenses. Mais au-delà de l’argent, il y a aussi des bénéfices très pratiques au quotidien.
« C’est un échange de bons procédés », souligne Romuald. Chacun apporte ses forces : travaux manuels, gestion, entraide. Résultat : une maison qui roule plus efficacement… et moins de pression individuelle.
La présence d’une troisième personne offre aussi une flexibilité précieuse. Garder les chiens, s’absenter sans stress, se répartir les responsabilités : autant d’avantages qui améliorent la qualité de vie.
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Au-delà de l’aspect financier, ce mode de vie répond à une inquiétude grandissante : celle de vieillir seul. Pour Caroline, la colocation devient une forme de filet de sécurité.
En cas de maladie ou de perte d’autonomie, chacun peut compter sur les autres. Une réalité qui rassure, dans un contexte où plusieurs craignent l’isolement.
Les conflits existent, comme dans n’importe quel ménage. Mais ils restent mineurs : des désaccords du quotidien, rien de structurel. « Sinon, ça n’aurait pas duré trois ans », résume Caroline.
Au fond, cette histoire remet en question un préjugé tenace : celui qu’il y aurait un “âge limite” pour vivre en colocation. Leur expérience montre plutôt qu’avec les bonnes bases, ce modèle peut fonctionner… peu importe l’âge.
Dans un Québec où les coûts continuent de grimper, ce type d’arrangement pourrait bien passer d’exception à solution.
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