Sur TikTok, un jeune étudiant québécois vide son sac après deux sessions au cégep. Son constat frappe fort : après sept mois, il affirme n’avoir « absolument rien appris ».
Une sortie qui fait réagir, parce qu’elle met des mots sur un malaise que plusieurs ressentent en silence.
Dans sa vidéo, le jeune explique qu’il est inscrit en administration, avec une ambition simple : apprendre à lancer un projet concret. Pourtant, il dit ne voir aucune progression. Il compare son niveau actuel à celui d’avant son entrée au cégep et conclut qu’il est resté au même point. (via PetitPetitGamin)
@noa_drossos
Ce sentiment de stagnation n’est pas unique. Plusieurs étudiants évoquent un décalage entre leurs attentes pratiques et un contenu souvent plus théorique. « Le cégep vise à développer des compétences générales, pas seulement techniques. Mais cette nuance est parfois mal comprise par les étudiants », explique un conseiller pédagogique interrogé sur la question.
Résultat : certains jeunes arrivent motivés, mais décrochent rapidement en ne voyant pas de retombées concrètes dans leur quotidien.
L’un des points les plus marquants de la vidéo concerne l’ambiance en classe. L’étudiant décrit des groupes à moitié vides et des enseignants qu’il perçoit comme désengagés. Il va même jusqu’à dire que certains semblent « juste là pour leur paye ».
Sans généraliser, cette perception revient souvent dans les discussions étudiantes. La motivation en classe est un facteur clé d’apprentissage. Quand elle chute, tout le reste suit. « L’engagement des étudiants dépend beaucoup de la dynamique créée en classe. Si elle est faible, l’apprentissage devient plus difficile », souligne une spécialiste en réussite scolaire.
Il faut aussi considérer un autre angle : la baisse de participation peut elle-même influencer l’énergie d’un cours, créant un cercle difficile à briser.
@noa_drossos
Le cri du cœur de ce jeune met en lumière une question essentielle : est-ce que le modèle actuel convient encore à tous ? Aujourd’hui, plusieurs étudiants cherchent des résultats rapides, concrets, mesurables.
Certains se tournent vers des alternatives : projets personnels, formations en ligne, travail autonome. D’autres combinent études et initiatives personnelles pour combler ce qu’ils jugent manquant.
Dans ce contexte, le cégep reste une étape structurante pour plusieurs parcours, mais il n’est pas toujours perçu comme suffisant à lui seul. L’enjeu n’est peut-être pas de le rejeter complètement, mais de mieux l’arrimer aux réalités actuelles des jeunes.
La sortie virale de cet étudiant agit comme un électrochoc. Elle ne représente pas tous les parcours, mais elle soulève une vraie question : comment redonner du sens à l’apprentissage pour une génération qui veut avancer vite, et concrètement ?
@noa_drossos le cégep au québec #cegep #college #quebec #fyp ♬ Satie "Gnossiennes No.1" (piano)(1118396) – Akira Orihata
