Dès les premières secondes, son raisonnement frappe fort. Pourquoi travaille-t-on autant… pour pouvoir continuer à travailler?
La question, posée simplement par la créatrice québécoise @melinabelangerr, a déclenché une vague de réactions. Derrière son ton léger, elle met le doigt sur une réalité qui dérange bien des gens, surtout dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter.
Dans sa vidéo, elle enchaîne les évidences du quotidien. Il faut des vêtements pour aller travailler. Il faut aussi payer ses repas, son transport, parfois une voiture, et même choisir un logement assez proche pour s’y rendre chaque jour. Tout ça coûte cher.
« On travaille pour avoir de l’argent et avec cet argent on achète des choses pour aller travailler », résume-t-elle, visiblement perplexe.
Ce constat peut sembler simpliste, mais il reflète une pression bien réelle. Selon Statistique Canada, les dépenses liées au transport et au logement représentent aujourd’hui plus de 50% du budget moyen des ménages québécois. Autrement dit, une grande partie du salaire sert directement à maintenir la capacité de continuer à travailler.
Pourquoi ce modèle persiste malgré tout
Si ce système paraît absurde à première vue, il repose sur des bases historiques et économiques solides. La semaine de cinq jours, instaurée progressivement au 20e siècle, visait à structurer le travail et offrir un équilibre avec la vie personnelle. Mais avec le temps, plusieurs coûts associés à l’emploi ont explosé.
Aujourd’hui, travailler ne se limite plus à “gagner sa vie”. C’est aussi assumer une série de dépenses indirectes : déplacements, repas rapides, services, vêtements adaptés. Pour plusieurs, ces frais grugent une part importante du revenu.
« Le travail moderne implique une série de coûts invisibles qui n’étaient pas aussi présents il y a 40 ans », explique un économiste cité dans une analyse récente de l’Institut du Québec.
Ce qui rend la vidéo virale, ce n’est pas seulement son humour, mais le sentiment partagé qu’elle met en mots. De plus en plus de Québécois questionnent leur rapport au travail. Télétravail, semaine de quatre jours, recherche d’un meilleur équilibre : les mentalités changent.
Chez les 18-34 ans, une étude de 2025 révèle que près de 60% souhaitent réduire leur temps de travail, même avec un salaire légèrement inférieur. Ce n’est pas un rejet du travail, mais une volonté de lui redonner un sens.
La réflexion de @melinabelangerr agit donc comme un miroir. Elle simplifie à l’extrême une réalité complexe, mais force une prise de conscience.
Au fond, sa question n’a rien de naïf. Elle rappelle que derrière chaque routine se cache un choix collectif. Et si ce choix ne fait plus de sens pour plusieurs, il devient peut-être temps de le repenser.
@melinabelangerr On travaille pour avoir de l’argent et avec cet argent on achète des choses pour aller travailler, 5 jours sur 7?! What? 😭😂 ça fait aucun sens
