Un projet qui s’éteint, ça ne fait jamais de bruit… jusqu’au moment où quelqu’un ose en parler franchement.
Cette semaine, François Lambert a partagé un message rare sur ses réseaux : la fin de Boostmi, une entreprise née d’une idée ambitieuse, portée par une équipe soudée, mais rattrapée par une réalité bien connue des entrepreneurs.
François Lambert
Tout commence autour de 2017, quand Mike Bibeau propose une idée à François Lambert : créer un réseau capable d’aider les automobilistes en panne de batterie grâce à des particuliers. Le concept s’inspire d’une tendance montante à l’époque : mobiliser une communauté pour offrir un service rapide et accessible.
Rapidement, l’équipe s’élargit. De trois associés, ils passent à cinq après l’arrivée d’Yves-Emmanuel et Kevin, qui apportent un produit concret : un survolteur. L’entreprise prend forme, une application est développée et un modèle simple est lancé : un service à tarif fixe de 20 $.
Le projet prend même une dimension internationale avec un financement en Norvège et une entente avec un important joueur du remorquage en Scandinavie. Tout semble alors aligné pour une croissance solide.
Puis arrive la pandémie. Comme pour des milliers d’entreprises, l’élan s’interrompt brutalement. Les plans sont mis sur pause, et le redémarrage ne se fera jamais complètement.
Boostmi continue d’exister, mais son cœur — le réseau et l’application — ne décolle pas comme prévu. L’entreprise se retrouve à vendre principalement un produit dans un marché déjà saturé, perdant ainsi ce qui devait faire sa différence.
François Lambert résume bien la situation : « Peut-être le timing. Peut-être davantage de capital. Peut-être que les outils d’aujourd’hui […] nous auraient permis d’aller plus vite et plus loin. »
Une phrase qui reflète un constat fréquent dans le monde des affaires : parfois, tout est là… sauf le bon moment.
Contrairement à plusieurs histoires entrepreneuriales, celle-ci ne se termine pas dans la crise. L’entreprise n’a plus de dettes importantes. Il s’agit plutôt d’une décision lucide : arrêter un projet qui n’a pas trouvé la croissance nécessaire.
Et surtout, François Lambert insiste sur ce qui reste : les relations humaines. « Même si l’entreprise ne se termine pas comme nous l’aurions souhaité, les amitiés sont toujours là. »
Dans un univers où l’on glorifie souvent les succès visibles, ce témoignage rappelle une vérité plus discrète : les projets qui s’arrêtent font aussi partie du parcours.
La fin de Boostmi n’est donc pas un échec brutal, mais la conclusion naturelle d’une aventure. Une de plus dans la longue liste de ceux qui ont essayé, appris, et avancé malgré tout.
Et parfois, c’est déjà beaucoup.
