Un Courtier Immobilier au Québec démissionne et dénonce leur modèle de rémunération

Un départ qui dérange, et qui soulève une question que plusieurs Québécois se posent sans toujours oser la formuler. Pourquoi les frais de courtage grimpent-ils aussi vite que la valeur des propriétés, sans lien clair avec le travail réel effectué?

En quittant l’industrie, Rémi Chapadeau met en lumière un malaise profond, au moment où le coût de la vie devient un enjeu central.

Rémi Chapadeau affirme ne pas être parti par épuisement ni par échec. Ce qui l’a poussé vers la sortie, c’est une question jugée dérangeante : pourquoi une commission double lorsque le prix d’une maison double, même si les tâches restent essentiellement les mêmes?

Photos, affichage, visites, paperasse — selon lui, ces éléments varient peu d’une propriété à l’autre. Pourtant, la facture peut passer de 10 000 $ à 20 000 $. « Ce n’est pas une rémunération de service. C’est un prélèvement sur la valeur de votre patrimoine », soutient-il.

La réaction de son environnement professionnel aurait été immédiate. Mise en demeure, pressions internes et rappels stricts des règles entourant l’affichage des taux. Il affirme même avoir été rencontré par des dirigeants pour être « sensibilisé » à ses prises de position.

Selon son témoignage, la pression ne s’est pas limitée à des avertissements. Il évoque du dénigrement et des impacts directs sur ses activités. Certaines de ses inscriptions auraient été moins visibles, et ses clients indirectement pénalisés.

Dans ce contexte, rester en poste devenait difficilement conciliable avec ses valeurs. « Le système n’a pas besoin de me faire taire officiellement. Il lui suffit de rendre ma présence nuisible à mes clients », explique-t-il.

Ce type de dynamique, bien que difficile à vérifier dans chaque cas, soulève des inquiétudes sur la liberté de discussion à l’intérieur du milieu et sur la place accordée à la transparence.

Le départ de Rémi Chapadeau arrive dans un contexte particulier. Depuis plusieurs années, le prix moyen des propriétés au Québec a fortement augmenté, entraînant mécaniquement une hausse des commissions en dollars absolus.

Pour de nombreux consommateurs, la question devient inévitable : paie-t-on pour un service ou pour un pourcentage hérité d’un modèle ancien? Certains acteurs émergents proposent déjà des approches alternatives, comme des tarifs fixes ou modulés selon les services choisis.

Ce débat prend aussi une dimension politique. Avec les élections à venir et la pression sur le coût de la vie, les frais liés à la transaction immobilière pourraient attirer davantage d’attention publique.

Mis à jour le 9 juin 2026 10:52 am