Un débat enflammé secoue les réseaux sociaux québécois après la sortie musclée de l’entrepreneur François Lambert contre Québec solidaire.
Connu pour ses positions pro-entrepreneuriat, Lambert a accusé le parti de diaboliser les riches, ces créateurs d’emplois et d’investissements essentiels à l’économie du Québec. Mais Alexandre Dumas, historien reconnu et figure publique influente avec sa page Facebook suivie par des dizaines de milliers d’abonnés, a servi une réplique cinglante qui démonte ses arguments un à un.
Dès les premières lignes, Dumas balaie l’idée que seul celui qui a lancé une entreprise a le droit de parler d’économie. «François, ta yeule. Si tu n’as jamais lancé une entreprise, ta yeule», lance-t-il en miroir au ton agressif de Lambert.
Propriétaire d’une maison, l’historien admet son privilège sans fausse modestie, contrairement à Lambert selon lui. Il souligne que sa situation meilleure que celle d’enseignantes ou d’infirmières n’est pas due à un travail plus acharné, mais à des circonstances de la vie. «Je ne m’imagine pas que si j’ai plus d’argent qu’une éducatrice en CPE, c’est parce que ce que je fais est plus important ou a plus de valeur».
Dumas passe ensuite en revue le mythe du mérite entrepreneurial. Lambert se vante de travailler dur les vendredis soirs, mais l’historien rétorque que cela ne justifie pas des écarts salariaux abyssaux. «Tu ne travailles pas 20, 50, 100 fois plus cher que tes employés. Donc si ton salaire est à ce point plus élevé que le leur, c’est que quelqu’un se fait voler quelque part». Les employés sont le cœur du succès d’une entreprise, martèle-t-il, et les patrons remplaceraient volontiers ces humains par des machines pour maximiser les profits. Personne ne mérite 100 millions, argue Dumas, car nul ne travaille à ce point : les risques sont minimes quand on a déjà une fortune colossale.
Sur les accusations de parasitisme, Dumas retourne l’argument. Les riches ne créent pas la richesse à eux seuls ; sans gros joueurs, des dizaines de petits producteurs émergeraient. Il évoque l’histoire des manufactures qui ont appauvri des artisans pour enrichir une poignée. Face au fiasco du Panier bleu invoqué par Lambert, Dumas contre-attaque avec Northvolt, Glencore, Norbourg et SNC-Lavalin : des scandales privés bien plus nombreux que les échecs gouvernementaux. «Pour chaque fiasco administratif d’un gouvernement, tu peux trouver 50 grandes entreprises qui ont nui à la société».
Enfin, Dumas conclut avec ironie : sans investisseurs ayant trop d’argent, pas besoin de redistribution. Il invite Lambert à une «transfusion d’empathie» chez Claire Trottier, millionnaire plaidant pour plus d’impôts. Ce texte viral, publié sur Facebook, a récolté des milliers de réactions, ravivant le clivage entre bâtisseurs autoproclamés et défenseurs d’une équité sociale. Dumas, par sa verve historique et son sens civique, a non seulement tenu tête à Lambert, mais l’a complètement démolie aux yeux de bien des Québécois.
