Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal, salue l’initiative d’un citoyen devenu viral pour réparer les nids-de-poule gratuitement dans les rues de la métropole.
Lors d’une entrevue récente à l’émission de Patrick Lagacé sur 98.5 FM, elle a exprimé son ouverture à lui octroyer un contrat officiel, tout en insistant sur le respect des règles de sécurité et d’entretien.
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Cette prise de position intervient dans un contexte où les nids-de-poule multiplient les frustrations des automobilistes montréalais. Saâd Tekiout, surnommé « Monsieur nids-de-poule », a conquis les réseaux sociaux en colmatant des trous avec du bitume froid, payant de sa poche les matériaux à hauteur de 150 $ par jour. « Je salue l’engagement citoyen. Je pense que si tous les citoyens seraient prêts à donner un coup de main comme lui, la ville serait plus propre », a déclaré la mairesse, tout en soulignant la nécessité de travaux bien faits.
Pourtant, la mairesse tempère l’enthousiasme : bien que l’entrepreneur en aménagement paysager semble expert, ses méthodes – un simple sac de bitume – ne rivalisent pas avec les interventions des cols bleus. Ces derniers effectuent des resurfaçages durables et des patchs plus larges, contrairement au « plaster » ou « bandaid » temporaire. « On est dans l’urgence. Je n’aurais pas de solution permanente, tant et aussi longtemps que je n’ai pas les équipements pour faire la job », explique-t-elle, évoquant une crise d’équipement où la moitié des machines de colmatage sont hors service.
Face à l’ampleur du problème, Montréal déploie des mesures concrètes. Un appel d’offres de 1 million $ cible le colmatage manuel par des entrepreneurs privés, complété par 2,1 millions $ supplémentaires alloués aux arrondissements. La mairesse invite explicitement Tekiout à soumissionner : « Écoute, assume, soumissionne. Je pense que c’est la bonne chose à faire ». Cela permettrait d’éviter des amendes pour occupation illégale du domaine public et d’assurer l’équité entre tous.
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Le fléau des nids-de-poule révèle un sous-investissement chronique en infrastructures. Avec 200 000 réparations annuelles et un budget total de 2,5 milliards $ – non exclusivement routier –, les villes comme Montréal peinent seules. « On a un enjeu d’infrastructure où le maintien de nos routes, les villes seules y arriveront pas », martèle Soraya Martinez Ferrada. Cette crise, aggravée par les cycles de gel-dégel, coûte cher : crevaisons pour les citoyens, y compris deux pour la mairesse elle-même en février dernier.
L’initiative de ce « héros du bitume » symbolise la frustration collective, mais cadre officiel et équipement adapté s’imposent pour des résultats durables. En attendant, Montréal accélère : signalements via 311 en hausse de 100% et contrats d’urgence lancés. Une collaboration entre citoyens et Ville pourrait bien lisser les routes de la métropole cet été.
@985fm Qu'en pensez-vous? 🤔 Soraya Martinez Ferrada réagit aux actions de « Monsieur Nid-de-poule ». Bien qu'elle salue son engagement, la mairesse de Montréal est catégorique : il doit suivre les règles et soumissionner pour des contrats officiels. #mtl #niddepoule ♬ original sound – 98.5 FM
