Sébastien Delorme, comédien québécois adoré pour ses rôles inoubliables au petit écran, a récemment partagé une anecdote glaçante lors de son passage à l’émission Radio Textos animée par Marie-Ève Tremblay sur les ondes du 98.5 FM.
Cette histoire, survenue en Pologne lors d’un tournage avec ses collègues Danny Gilmore et Patrice Godin, illustre à quel point une allergie mortelle peut transformer un moment anodin en cauchemar. «Les gars, ça n’ira pas. Je pense qu’il faudrait que vous m’emmenez à l’hôpital», a-t-il lancé en urgence, les voies respiratoires se refermant dangereusement.
Tout commence de façon innocente après une journée de tournage. Le trio décide de se détendre au cinéma pour voir un film américain. Danny Gilmore achète une KitKat à partager dans l’obscurité de la salle. Mais en Pologne, cette barre chocolatée populaire contient du beurre d’arachide, un ingrédient fatal pour Sébastien Delorme, allergique de manière mortelle. Les bâtonnets sont distribués sans méfiance, et la réaction allergique éclate rapidement. L’acteur se rue aux toilettes pour s’injecter son Épipen, priant ses amis de venir vérifier son état.
Cinq minutes plus tard, Danny et Patrice le trouvent en plein choc anaphylactique. «Je suis vraiment en choc anaphylactique. Ça ne va vraiment pas bien», confie-t-il dans la transcription de l’entrevue. Ses voies respiratoires se ferment, forçant une course contre la montre vers l’hôpital local, après avoir alerté la production.
À l’hôpital, l’expérience tourne au surréaliste et renforce la gratitude de Delorme envers le système médical québécois. Le personnel, dépourvu d’équipements modernes, désinfecte ses instruments – y compris un miroir pour examiner les voies respiratoires – à l’aide d’un brûleur Bunsen. «Comment on fait brûler une aiguille pour péter un bouton ? Pour ils m’ont mis un bouton, mais là-bas aussi, ils m’ont mis l’espèce de miroir pour regarder mes voies respiratoires, puis ils l’ont fait chauffer comme ça».
Cette méthode primitive, comparée à des pratiques domestiques, met en lumière les écarts entre les soins au Québec et ailleurs. Au Canada, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) assure un accès gratuit et équipé à des traitements avancés, contrairement à certains pays post-communistes où les réformes peinent encore. Delorme en sort indemne, mais marqué : «On est très chanceux d’avoir un système médical comme on a ici».
Le témoignage ne s’arrête pas là. Sébastien Delorme dénonce la flambée des coûts des auto-injecteurs d’épinéphrine. Jadis, une seringue à trois doses valait 25 dollars ; aujourd’hui, post-brevet d’Épipen avec son mécanisme à ressort, une seule dose frôle les 125 dollars au Québec. Cette hausse, stable ici grâce à la réglementation fédérale contrairement aux États-Unis où elle a explosé, pèse lourd sur les allergiques.
Cette confidence émouvante rappelle l’importance de la vigilance et du porte-feuille toujours prêt. À 55 ans, Delorme, avec son humour typique, transforme ce frôlement de mort en leçon de vie universelle.
