Un texte percutant circule sur les réseaux sociaux au Québec, écrit par Alexandre Dumas. Il critique vertement l’annonce récente de Juste pour rire, qui produira le prochain spectacle de l’humoriste Julien Lacroix.
Cette prise de position soulève un débat houleux sur la responsabilité des personnalités publiques et le sort des victimes d’inconduites sexuelles.
Le contexte des accusations contre Julien
Lacroix
À l’été 2020, neuf femmes ont accusé Julien Lacroix d’inconduites
sexuelles dans un article du Devoir, menant à une pause carrière de
l’humoriste. En janvier 2021, il a admis avoir « profondément
blessé » des personnes, invoquant souvent sa consommation d’alcool
comme facteur aggravant. Son retour sur scène en 2023, avec des
spectacles comme Le temps au temps, a été justifié par une supposée
évolution personnelle, marquée par la sobriété.
L’annonce de Juste pour rire, le 12 mars 2026, vise à renforcer
ses tournées humoristiques au Québec. Le porte-parole de
l’organisation évoque « le chemin qu’il a parcouru » et «
l’évolution » de Lacroix, saluant la réponse positive du public.
Pourtant, cette décision suscite des réactions vives, notamment de
la part d’humoristes comme Coralie LaPerrière et Emna Achour, qui y
voient un « gros fuck you aux femmes » et un manque de mesures
protectrices .
La charge émotive d’Alexandre Dumas
« On ne le dira jamais assez : être une personnalité publique
n’est pas un droit. C’est un privilège qui vient avec des
responsabilités. Comme tout privilège, il peut être révoqué. »
Alexandre Dumas ne mâche pas ses mots dans son post Facebook,
relayé massivement. Il interpelle directement : les victimes
ont-elles « passé à autre chose » comme le public semble l’avoir
fait ? Lacroix aurait même blagué sur un couvre-feu et un bracelet
de cheville lors de ses spectacles, minimisant selon lui les
blessures infligées.
Alexandre Dumas
Dumas dénonce l’approche des producteurs, guidés par les ventes
de billets plutôt que par l’éthique. « Les victimes sont les
femmes agressées et violentées », martèle-t-il, refusant que
le public ou les impresarios décident d’une « deuxième chance » au
nom des profits. Cette position résonne dans un Québec sensible aux
mouvements #MeToo, où des voix exigent des bureaux de plaintes
anonymes dans l’industrie .
Les enjeux pour l’humour québécois
Ce texte puissant met en lumière une fracture : d’un côté, un
public qui applaudit le retour de Lacroix et remplit les salles ;
de l’autre, des victimes reléguées au second plan. Dumas argue que
tolérer ces retours envoie un message toxique : agresser des femmes
n’empêche pas de rester une idole. À l’heure où Juste pour rire
renaît sous Sylvain Parent-Bédard, absent des débats, la question
des conséquences réelles persiste .
Ce débat dépasse Lacroix ; il interroge la culture du pardon rapide au Québec et la lutte contre les violences sexuelles. Dumas conclut que la décision revient aux victimes, d’abord et avant tout, invitant à une réflexion profonde sur privilèges et accountability.
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