Benoît Dutrizac ne mâche pas ses mots lorsqu’il parle des parents qui donnent un écran à leurs enfants au restaurant.
Pour lui, cette habitude traduit un profond désengagement dans le rôle parental, surtout dans des moments qui devraient être consacrés à l’échange et à la présence. Il rappelle que personne n’a obligé les adultes à avoir des enfants, et que cette responsabilité vient avec l’effort, la patience et la capacité de supporter que ce ne soit pas toujours reposant. «On ne vous a pas demandé de faire des enfants, ni à moi ni à personne», lance-t-il, excédé par cette tendance à rechercher la paix à tout prix plutôt que la connexion.
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Dans sa tirade, Dutrizac décrit une scène devenue terriblement banale: une famille arrive au restaurant, les parents s’assoient, et à peine les manteaux retirés, l’enfant reçoit un iPad ou un téléphone. L’écran devient alors une sorte de sédatif social, un moyen de «geler» l’enfant pour s’assurer qu’il ne dérange pas, pendant que les adultes savourent enfin un moment de tranquillité. Le problème, selon lui, est que cette tranquillité se paie au prix de moments précieux de conversation, de curiosité partagée et de construction du lien parent-enfant.
Pour l’animateur, un repas au restaurant devrait être un espace d’apprentissage et de dialogue pour les jeunes. Il insiste sur l’importance de poser des questions simples, mais essentielles: comment ça va, comment vont les amis, quelles activités les passionnent, quels films les ont marqués, quelle musique ils écoutent. Ces échanges banals en apparence deviennent, avec le temps, le ciment d’une relation solide, où l’enfant sent qu’on s’intéresse à lui pour de vrai. «Ayez une conversation. Parlez-leur, demandez comment ça va», martèle-t-il, presque comme un rappel à l’ordre pour une génération de parents absorbés par leurs propres écrans.
Dutrizac reconnaît que les parents sont fatigués, qu’ils courent entre le travail, les obligations et le quotidien qui n’arrête jamais. Mais à ses yeux, se cacher derrière la fatigue pour justifier le réflexe de «donner une tablette et avoir la paix» est une pente dangereuse. Ce geste, répété soir après soir, normalise l’idée que l’enfant doit être occupé, distrait, tenu tranquille, plutôt qu’écouté et intégré à la vie familiale. Il y voit une forme subtile d’abdication: on renonce à élever, à dialoguer, à gérer les frustrations et les débordements pour acheter quelques minutes de silence.
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Au fond, son message est simple, mais brutal: un iPad ne remplacera jamais une vraie conversation. Un téléphone ne donnera jamais à un enfant le sentiment d’être important, écouté et pris au sérieux.
Les souvenirs qui restent ne sont pas les niveaux passés sur un jeu, mais les fous rires en famille, les chicanes qui finissent en discussions, les confidences autour d’une assiette de spaghetti ou d’un déjeuner au resto de quartier. En s’adressant directement aux parents, Dutrizac les invite à ranger l’écran, à lever les yeux, et à redevenir présents auprès de leurs enfants, même si cela veut dire renoncer, pendant un repas, à cette fameuse paix tant recherchée.
@qub_radio Ne donnez pas des écrans à vos enfants au restaurant ! 🍝 #restaurant #enfants #enfance #parents #parent #écran #réseauxsociaux #danger #tiktokquebec #tiktokqc #pourtoi ♬ son original – qub_radio
