La personne non-binaire qui a reçu 500$ du salon de coiffure brise le silence et met les choses au clair

Dans le tumulte des débats enflammés sur les réseaux sociaux, Alexe Frédéric Migneault, personne non binaire, brise le silence après avoir obtenu gain de cause contre le salon de coiffure Station10 à Longueuil.

Le Tribunal des droits de la personne du Québec a condamné l’établissement à lui verser 500 $ pour discrimination fondée sur l’identité de genre, suite à un formulaire de réservation en ligne ne proposant que « homme » ou « femme ». « Ce n’est pas idéologique, c’est la loi », martèle Alexe, rappelant que cette décision, rendue le 5 février 2026, confirme un refus illégal d’accommodement raisonnable. (via PetitPetitGamin)

Tout commence en février 2023. Alexe, alors aux prises avec une chute de cheveux progressive, cherche un nouveau salon abordable. Iel teignait ses cheveux en bleu, expérimentait des coupes audacieuses, mais la perte capillaire a apporté honte et gêne profonde. Les anciens salons étaient devenus inaccessibles financièrement, les barbiers ne correspondaient pas à ses attentes esthétiques. Station10, avec sa tarification au temps et ses rabais en ligne, semblait idéal pour repartir de zéro. Mais le formulaire web impose un choix binaire pour bénéficier de la réduction, excluant de facto les personnes non binaires.

Alexe envoie un courriel pour demander une solution, exprimant son malaise à mentir sur son genre et sa peur d’être mal genré sur place. Le salon répond qu’il suffit de choisir ce qui convient le mieux, promettant un accueil chaleureux. Insatisfait, Alexe porte plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Celle-ci reconnaît la discrimination en juin 2024 et propose 500 $ de redressement. Station10 refuse, modifie son site pour ajouter une option non genrée, mais Alexe maintient la poursuite, réclamant 12 500 $ pour préjudice moral et matériel, incluant un impact sur sa santé mentale.

Le Tribunal rejette les demandes élevées d’Alexe et la contre-demande de 5 000 $ du salon pour abus de procédure, mais confirme les 500 $. Alexis Labrecque, copropriétaire, s’étonne : le site datait de 2023, l’option a été ajoutée rapidement. André Dagenais y voit une motivation idéologique, notant les multiples plaintes passées d’Alexe et une utilisation quasi nulle de l’option non genrée (0,39% des réservations). Le salon envisage un appel d’ici le 5 mars. Alexe y voit un précédent précieux : « Les personnes non binaires sont quasi absentes du corpus juridique. Ça trace un chemin pour les luttes futures ».​

Mis à jour le 25 février 2026 9:43 am