Une infirmière au Québec s’est faite avertir par son employeur sur le contenu qu’elle publiait sur les réseaux sociaux

Bianca, connue sous le pseudonyme @linfirmieredubloc sur TikTok, est infirmière clinicienne au bloc opératoire dans un établissement de santé au Québec.

Passionnée par son métier et animée d’un désir sincère de le faire connaître au grand public, elle s’est lancée dans la création de contenu sur les réseaux sociaux. Son objectif était simple : démystifier le travail d’une infirmière en salle d’opération, rassurer les patients et montrer un quotidien que bien peu de gens ont l’occasion d’apercevoir.

@linfirmieredubloc

« Mon but en créant du contenu, c’était vraiment de démystifier, rassurer, montrer c’est quoi le travail d’une infirmière au bloc opératoire. C’est quelque chose qu’on ne voit pas beaucoup. »

L’aventure a cependant pris un tournant inattendu. Moins de deux semaines après avoir commencé à publier ses vidéos, Bianca a été convoquée par son employeur, qui lui a signifié que certains de ses contenus posaient problème.

Plutôt que de baisser les bras, la jeune infirmière a décidé de faire ses recherches pour bien comprendre les règles qui encadrent la présence des professionnelles en soins infirmiers sur les réseaux sociaux. Elle a ensuite partagé ses découvertes dans une vidéo devenue virale, dans laquelle elle détaille, avec transparence et maturité, tout ce qu’une infirmière n’a pas le droit de publier en ligne.

Au Québec, le Code de déontologie des infirmières et infirmiers est clair : l’infirmière doit s’abstenir de tenir ou de participer à des conversations indiscrètes, y compris sur les réseaux sociaux, au sujet d’un patient et des services qui lui sont rendus.

Bianca a dressé une liste précise des interdictions : pas de patients visibles à l’écran, pas de collègues filmés sans leur consentement, aucun document, tableau d’informations ou écran d’ordinateur apparent. Il est également interdit de montrer tout détail susceptible de révéler la nature d’une chirurgie ou l’identité d’un patient.

@linfirmieredubloc



Au-delà de la confidentialité, la création de contenu ne doit jamais nuire à la qualité des soins infirmiers offerts, ni porter atteinte à l’image de la profession ou de l’établissement de santé. L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) rappelle d’ailleurs que tout comportement susceptible de dévaloriser l’image de la profession peut entraîner des conséquences disciplinaires.

« Il ne faut pas que ça ait d’impact sur les soins infirmiers qu’on offre. Il ne faut pas que ça nuise à l’image de la profession ni de l’établissement. »

Face à cet avertissement, Bianca a choisi de s’adapter plutôt que d’abandonner. Elle a supprimé certaines vidéos jugées non conformes et a redoublé de vigilance dans la création de ses prochains contenus. Son approche reflète une réalité grandissante dans le milieu de la santé : de plus en plus de professionnels souhaitent utiliser les plateformes numériques pour éduquer et rapprocher le public de leur réalité, mais les frontières entre partage bienveillant et manquement déontologique sont parfois très minces.

« Je vais m’ajuster. J’ai dû supprimer du contenu et je vais aussi faire encore plus attention pour offrir du contenu et vous montrer mon quotidien sans que ça aille à l’encontre du règlement de ma profession. »

@linfirmieredubloc Mes collègues infirmières qui utilisent les réseaux sociaux, avez-vous des trucs?🙋🏼‍♀️ #infirmiere #blocoperatoire #reseauxsociaux ♬ original sound – Bianca

Mis à jour le 21 février 2026 11:09 am