Un gros malaise a traversé le plateau de Tout le monde en parle lorsque Guy A. Lepage et MC Gilles ont demandé aux quatre joueurs du Canadien qualifiés pour les Jeux olympiques 2026 de réagir à Heated Rivalry, la série phénomène de Crave qui bouscule l’univers du hockey.
Invités d’abord pour parler de leur sélection olympique, Nick Suzuki, Oliver Kapanen, Juraj Slafkovský et Alexandre Texier se sont soudain retrouvés au cœur d’un débat sur l’homosexualité dans le hockey et la représentation queer à l’écran.
Depuis sa sortie, la série est devenue l’une des plus fortes nouveautés de la plateforme, a obtenu une saison 2 et a même poussé des personnalités comme le commissaire de la LNH Gary Bettman à reconnaître publiquement son impact. Dans un sport où aucun joueur actif de la LNH n’a encore fait son coming out, voir deux vedettes masculines s’aimer à l’écran vient toucher un nerf particulièrement sensible.
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Sur le plateau, on sent que les joueurs n’avaient pas prévu devoir se prononcer sur un sujet aussi chargé que l’homophobie dans le hockey et la peur de « sortir du placard » devant les caméras. Les extraits où l’un d’eux admet avoir « entendu parler » de la série, sans vraiment développer, et insiste surtout sur le fait que l’équipe serait « prête à accueillir n’importe qui qui ferait son coming out », traduisent plus un besoin de se sortir du sujet qu’une réelle envie d’en parler. Dans le regard et le langage non verbal, on devine la gêne: sourire crispé, réponses courtes, recours aux phrases toutes faites sur l’acceptation et l’ouverture du vestiaire.
Le contraste est frappant avec Heated Rivalry, où les personnages Shane Hollander et Ilya Rozanov, inspirés en partie de vraies vedettes de la LNH, vivent dans la peur constante que leur relation soit découverte, prisonniers du mythe du vestiaire 100% hétéro et viril. Dans la vraie vie, d’anciens joueurs ont raconté à quel point la série leur a rappelé l’angoisse, la honte intériorisée et le double jeu permanent imposés par la culture du hockey professionnel. Comme le résume un ex-hockeyeur dans une entrevue sur le sujet, « la série réussit à mettre en images ce que plusieurs d’entre nous n’ont jamais osé dire à voix haute ».
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Guy A. Lepage pousse alors la discussion sur le fait que, malgré les Pride Nights et les beaux messages de support, aucun joueur actif de la LNH ne s’est encore déclaré ouvertement gay, ce qui fait encore de l’orientation sexuelle un tabou dans les ligues majeures. Un joueur francophone tente de minimiser l’idée de tabou en rappelant les initiatives d’inclusion du Canadien et de la LNH, mais la question demeure suspendue dans l’air: si ce n’est plus un problème, pourquoi n’y a-t-il toujours aucun coming out public? Au fil des échanges, le silence et la nervosité des joueurs en disent finalement davantage que leurs réponses.
En s’invitant à Tout le monde en parle, Heated Rivalry a fait exactement ce qui dérange le plus certains milieux du hockey: obliger les acteurs du sport à sortir de leur zone de confort et à regarder en face la réalité queer qui existe déjà autour d’eux. Le malaise ressenti sur le plateau ne vient pas tant de la série elle-même que du fossé entre un discours public d’ouverture et une culture qui, dans les faits, fait encore très peur aux joueurs qui ne cadrent pas dans le moule traditionnel.
this had me ctfu im in actual tears… but on a serious note its so heartwarming hearing their responses ❤️ i love my team pic.twitter.com/GfTN5oW2FL
— marie (@laneshutson) January 26, 2026
