Karine St-Michel publie sa toute première vidéo d’une tristesse infinie depuis la nouvelle épouvantable

Pour la première fois depuis l’annonce du décès de son fils Charles, Karine St-Michel a choisi de montrer son visage dans une vidéo publiée lundi sur Instagram.

Les traits tirés, le regard empreint d’une tristesse infinie, Karine apparaît dans un court message où elle explique pourquoi certaines comparaisons autour du deuil périnatal ne peuvent pas être faites. « Mon corps a déjà oublié qu’il portait Charles il y a seulement 11 jours », peut-on lire, résumant à elle seule la violence d’un post-partum vécu les bras vides.

Karine St-Michel

Dans cette vidéo, Karine ne cherche pas à minimiser la souffrance des femmes ayant vécu une fausse couche. Au contraire, elle tient à préciser que chaque deuil est légitime. Mais elle explique aussi pourquoi la perte d’un bébé à terme impose une charge traumatique différente, plus lourde, plus complexe. « Je ne dis pas ça pour affirmer que ma douleur est plus légitime que celle d’une personne ayant vécu une fausse couche. Au contraire. Je le dis parce que ce ne sont pas les mêmes expériences », dit-elle, posant d’emblée le cadre de son propos.

En stories, Karine décrit aussi l’épreuve physique de l’accouchement. « J’ai perdu mon bébé à terme. J’avais vécu toute une grossesse avec lui. Je le sentais bouger tous les jours. Je connaissais ses habitudes, sa routine, ses réactions, ses mouvements », énumère-t-elle, avant d’arriver à l’indicible : « Au lieu d’aller à l’hôpital pour donner naissance à mon fils et repartir avec lui, on n’entendait plus son cœur. J’ai dû continuer à le porter en sachant qu’il ne bougerait plus jamais, qu’il ne grandirait jamais ».

Elle décrit le travail, les contractions, l’accouchement lui-même, non pas pour donner la vie, mais pour donner naissance à un corps parfaitement formé, prêt à vivre, et pourtant silencieux. « J’ai pu le prendre dans mes bras, voir son visage, ses mains, ses pieds, son corps parfaitement formé, prêt à vivre. Et ensuite, j’ai dû le laisser partir et rentrer chez moi les bras vides, en pleurant son absence », confie-t-elle, offrant un aperçu de cette réalité que peu de gens osent nommer.

Karine St-Michel

Comme toutes ses publications depuis le 1er septembre, cette vidéo a provoqué une vague massive de réactions. Des milliers de personnes ont partagé, commenté et envoyé des mots de soutien, reconnaissant dans les explications de Karine une vérité trop rarement exprimée. Des professionnelles de la santé, des psychologues et des mères endeuillées ont salué la justesse de son propos, qui met des mots sur des réalités biologiques et traumatiques souvent tues.

En publiant cette vidéo, Karine St-Michel ne cherche pas à hiérarchiser les douleurs, mais à nommer les différences. Pour elle, pour Nicolas, et pour tous les parents qui vivront cette épreuve après eux, ce message devient un outil de compréhension, une invitation à mieux accompagner ceux qui traversent l’impensable. Et dans ce geste, il y a aussi un hommage à Charles, dont la mémoire, même brève, mérite d’être reconnue dans toute sa complexité.

Mis à jour le 14 septembre 2026 1:25 pm