La Ville de Montréal et les cols bleus sont en colère contre l’homme qui répare les nids-de-poule

À Montréal, l’initiative de Saad Tekiout, l’homme qui répare les nids-de-poule, continue de faire réagir.

En réparant lui-même les trous dans les rues de la métropole, cet homme d’affaires a suscité autant d’admiration que d’irritation, au point de provoquer une sortie publique de la mairesse Soraya Martinez Ferrada et des représentants municipaux. La controverse met en lumière un malaise bien réel autour de l’état du réseau routier et des façons d’intervenir rapidement sans contourner les règles.

Mercredi, la mairesse a tenu à saluer le geste tout en rappelant qu’il ne peut pas remplacer les procédures officielles. « Je salue ce citoyen qui veut aider sa ville, mais il faut le faire de façon ordonnée et planifiée, puis s’assurer que c’est bien fait. […] Je l’invite à soumissionner », a-t-elle lancé en s’adressant directement à l’entrepreneur. Son message est clair : aider la ville, oui, mais dans un cadre qui protège la qualité des travaux et la sécurité des citoyens.

@marquize.7

Du côté de l’administration municipale, l’inquiétude est surtout technique. Luis Miranda, responsable des services à la population au comité exécutif, a expliqué que les réparations improvisées risquent de ne pas durer, particulièrement avec la pluie actuelle. « Tout nid-de-poule colmaté avec la pluie en ce moment, s’il n’a pas été bien fait, il va décoller, il va se rouvrir », a-t-il averti. Pour la Ville, le problème n’est donc pas seulement l’intention, mais la durabilité réelle des interventions sur un pavage déjà fragile.

Le syndicat des cols bleus, lui aussi, voit cette affaire d’un mauvais œil. Sans nier que les rues de Montréal ont besoin d’entretien, plusieurs travailleurs municipaux estiment que ce genre d’initiative individuelle crée de la confusion et contourne les normes de travail établies. Dans une ville où les citoyens dénoncent depuis longtemps l’ampleur des nids-de-poule, l’image d’un homme qui agit seul devient un symbole: pour certains, c’est de la débrouillardise; pour d’autres, c’est la preuve que les réseaux de réparation ne répondent pas assez vite aux besoins du terrain.

De son côté, Saâd Tekiout défend sa démarche comme une solution d’urgence. Il affirme vouloir nettoyer les rues de Montréal et aider concrètement, là où il voit un problème immédiat. Sa méthode n’a rien de permanent, dit-il, mais elle permet de combler temporairement des trous visibles et d’éviter que les automobilistes continuent d’en subir les conséquences. Ce discours trouve un écho chez plusieurs Montréalais, surtout au printemps, alors que les dégradations de chaussée deviennent particulièrement visibles.

@marquize.7

Au fond, cette histoire dépasse le simple cas d’un homme qui rebouche des trous. Elle révèle un conflit entre l’élan citoyen, les contraintes administratives et les attentes du public envers une ville qui peine à suivre le rythme des réparations. Montréal se retrouve ainsi prise entre le désir de remercier ceux qui veulent aider et l’obligation de faire les choses correctement, selon les règles, pour que les travaux tiennent dans le temps.

@marquize.7 « Montréal a besoin d’actions, pas de paroles. » «Montreal needs action, not words» #Montreal #quebec #niddepoule #routemontreal ♬ original sound – Saad tekiout

Mis à jour le 7 mai 2026 9:51 am