La mairesse de Montréal veut officiellement rencontrer le gars qui répare les nids-de-poule

Soraya Martinez Ferrada a récemment envoyé un message bien senti à Saad Tekiout, mieux connu sous le pseudo @marquize.7, l’homme qui est devenu viral en réparant les nids-de-poule de Montréal avec ses propres moyens.

Dans ce message, la mairesse lui propose une rencontre en début de semaine pour « discuter des opérations de colmatage à la Ville » et échanger sur des solutions pour réparer les routes de la métropole. Cette invitation marque un tournant symbolique : l’administration souhaite maintenant dialoguer officiellement avec celui qui, au départ, agissait complètement en marge de la machine municipale.

@marquize.7

Depuis quelques semaines, Saad Tekiout est passé du statut de simple citoyen excédé par l’état des rues à véritable phénomène public. Paysagiste de profession, il a décidé de prendre pelle et asphalte froide pour colmater lui-même les cratères qui abîment pneus, suspensions et nerfs des automobilistes montréalais. Ses vidéos sur Instagram et TikTok, où on le voit boucher des trous aux abords du Centre Bell et ailleurs dans le Grand Montréal, ont été vues et partagées des milliers de fois, faisant de lui un symbole de débrouillardise et d’action directe.

Au départ, Saâd finançait tout de sa poche, déboursant des centaines de dollars par jour pour l’achat de matériaux, de sable et d’outils. Face à l’ampleur des besoins, il a lancé une campagne GoFundMe intitulée « On répare Montréal, rejoins le mouvement! », dans laquelle il explique que chaque dollar sert directement à acheter de l’asphalte et à réparer plus de rues, plus vite. La réponse du public a été fulgurante : la cagnotte s’est rapidement approchée des dizaines de milliers de dollars, appuyée par des centaines de dons, dont certains très généreux.

L’initiative a obligé l’Hôtel de Ville à réagir. La mairesse a déjà reconnu publiquement le geste de Saad, saluant son implication citoyenne, tout en rappelant qu’il ne devrait pas revenir aux résidents de compenser les lacunes des services publics en matière d’entretien routier. En lui proposant maintenant une rencontre formelle, elle envoie toutefois un nouveau signal : la Ville veut comprendre son approche et, possiblement, s’inspirer de cette énergie populaire. « Quand un citoyen montre sur le terrain ce qui ne fonctionne plus, il force les institutions à se regarder dans le miroir. »

Pour beaucoup de Montréalais, cette rencontre potentielle entre la mairesse et le « gars des nids-de-poule » dépasse le simple rendez-vous protocolaire. Elle incarne le choc – et peut-être le rapprochement – entre une bureaucratie souvent perçue comme lente et un citoyen qui a choisi d’agir immédiatement. Le succès du GoFundMe, la vague de soutien sur les réseaux sociaux et maintenant l’invitation officielle pourraient ouvrir la porte à une nouvelle manière de collaborer entre la Ville et ses résidents, où l’initiative citoyenne n’est plus vue comme une menace, mais comme un moteur. « Montréal se répare peut-être un trou à la fois, mais surtout un lien à la fois entre la population et ses élus. »

Mis à jour le 6 mai 2026 9:46 am