Dans une rare entrevue accordée à Rémi Villemure, Fred Dubé revient en détail sur la tourmente qui a mené à sa mise à l’écart de la scène humoristique québécoise à partir de 2022.
Il y raconte, à sa manière crue et sans filtre, les coulisses des dénonciations, la peur de voir son nom « sortir » et la manière dont il dit avoir traversé ces années d’attente et de rumeurs avant l’explosion publique.
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Dubé explique que bien avant les publications-chocs de 2022, il vivait déjà sous la menace récurrente que « son nom allait sortir », sans jamais obtenir de discussion franche avec la personne à l’origine des reproches. Pendant cette période qui s’étire de 2018 à 2022, il affirme avoir consulté des syndicalistes, des amis devenus enquêteurs de police et même des militantes féministes pour savoir comment réagir, sans trouver de réponse claire. Isolé, mais conscient de la gravité de ce qui se préparait, il dit avoir cherché des repères partout où il pouvait.
Il raconte aussi qu’en 2018, devant l’escalade de la pression et l’impossibilité d’obtenir une rencontre pour parler, il s’est présenté au poste de police pour déposer une plainte. Selon sa version, on lui réclamait de l’argent pour des « services intellectuels, sexuels et émotionnels » rendus, situation qu’il décrit comme profondément déstabilisante. C’est à ce moment qu’il dit avoir compris que le conflit prenait une tournure qui le dépassait complètement.
Au cœur de l’affaire, Dubé affirme qu’on lui reproche un « retrait de consentement non respecté » lors d’un moment intime avec une ex-conjointe. Il soutient toutefois qu’aucun signal clair ne lui aurait été envoyé sur le moment, ni verbalement ni par le langage non verbal, parlant d’un événement qu’il n’aurait pas perçu comme problématique à l’époque. Dans l’entrevue, il résume ainsi le paradoxe ressenti : « Elle te reprocherait de ne pas avoir capté un signal qu’elle admet ne pas avoir envoyé clairement ? », questionne Villemure, et Dubé répond simplement : « Oui. »
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Il rapporte que son ex-partenaire expliquerait aujourd’hui son malaise en évoquant une dissociation traumatique survenue après coup, tout en reconnaissant qu’elle « avait envie de le faire » au moment des faits. Pour Dubé, cette relecture rétrospective soulève des zones grises douloureuses autour du consentement, qu’il dit avoir découvertes en même temps que le public, lorsque le récit a été rendu public.
Dans la foulée, il disparaît presque complètement de l’espace public, ferme ses comptes et cesse de monter sur scène, symbolisant pour plusieurs un cas emblématique de « cancellation » au Québec. Lui décrit ces années comme une longue mise au ban, vécue dans le silence, à ruminer les événements sans avoir l’espace pour raconter sa propre version.
En livrant ces nuances, il remet sur la table des questions sensibles sur le consentement, le trauma et la façon dont la société traite ceux qui se retrouvent, du jour au lendemain, au centre d’un procès social permanent.
@ilrestedumonde Exclusif 3 mois | Fred Dubé | Dans l'attente d'être DÉNONCÉ… #fyp #podcast #podcastquebec #podcastquebecois #tiktokquebec #pourtoi #balado #baladoquebec #baladoquebecois ♬ original sound – Il reste du monde
