Isabelle Maréchal, chroniqueuse à QUB Radio, soulève une question brûlante dans le contexte du départ définitif de l’humoriste Julien Lacroix de la scène.
À la suite des controverses récentes, elle interpelle la société québécoise sur l’équité des secondes chances, opposant le tribunal populaire au tribunal de droit.
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Au Québec, on prône une culture de réhabilitation où les criminels récidivistes reçoivent souvent plusieurs occasions de se reprendre en main. Isabelle Maréchal rappelle que des délinquants bénéficient d’une deuxième, quatrième, voire septième chance, comme elle l’a écrit récemment dans le journal. Cette approche humaniste contraste avec le traitement réservé à Julien Lacroix, qui a reconnu des gestes d’inconduite sexuelle sans jamais faire l’objet de plaintes criminelles officielles.
Maréchal cite plusieurs exemples d’artistes québécois ayant surmonté des scandales pour reprendre leur carrière. De Legendre à Marie-Pierre Morin, en passant par Éric Lapointe et Claude Dubois, ces figures ont été accueillies à nouveau par le public malgré des accusations graves. «Est-ce que tu as le droit de commettre des erreurs, est-ce que tu peux t’excuser et t’en remettre?», lance-t-elle, soulignant l’incohérence face à un humoriste qui s’est excusé et travaillé sur lui-même.
L’humoriste a mis sa carrière en pause en 2020 après des allégations d’inconduites sexuelles portées par neuf femmes, relayées par Le Devoir. Une contre-enquête de La Presse en 2022 a remis en question certains témoignages, et Lacroix est revenu sur scène en 2023 avec son spectacle Le temps au temps. Récemment, Juste pour rire a annulé sa production face à la grogne du milieu, menant à son annonce de retraite le 25 mars 2026, invoquant l’impact sur sa famille.
«Est-ce que ça lui barre de toute possibilité de pratiquer son métier jusqu’à la fin de sa vie? Est-ce qu’il devient un paria de la société?», s’interroge Maréchal. Elle dénonce un double standard où certains profitent de la clémence sociétale, tandis que d’autres, comme Lacroix, sont exclus sans procès. Cette réflexion invite à distinguer allégations médiatiques et verdicts judiciaires, dans une ère de #MeToo où le milieu de l’humour se montre impitoyable.
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Le cas Lacroix met en lumière les tensions entre pardon et accountability au Québec. Maréchal plaide pour une cohérence : si la réhabilitation est un pilier, elle doit s’appliquer équitablement. Les citoyens conservent le choix de boycotter, mais le bannissement perpétuel interroge notre capacité à guérir collectivement.
@qub_radio Julien Lacroix n'a-t-il pas le droit à une deuxième chance? 🎙️ #julienlacroix #humour #humoriste #cancel #cancelculture #annulation #lacroix #pourtoi #tiktokquebec #tiktokqc #chance #scène #woke #allégations #inconduites ♬ son original – qub_radio
