Depuis des semaines, les Montréalais ont l’impression que la ville est devenue un immense chantier à ciel ouvert, où chaque déplacement se transforme en parcours du combattant.
C’est dans ce contexte explosif que Benoît Dutrizac, à son micro à QUB Radio, a littéralement « pété sa coche » en confrontant la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, au sujet des rues défoncées, des chantiers à répétition et du trafic devenu insupportable. En quelques minutes, l’animateur a mis en mots ce que des milliers d’automobilistes et de travailleurs vivent tous les jours dans la métropole.
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Au cœur de l’échange, Dutrizac raconte le message d’une collègue coincée dans le tunnel Ville-Marie, incapable d’avancer parce que tout est bloqué: incendie sur Notre-Dame, travaux, fermetures en série sur René-Lévesque, Maisonneuve et Viger. Le portrait qu’il brosse est brutal: une ville paralysée, où même les grands axes semblent constamment impraticables. En face de lui, la mairesse tente de rappeler qu’elle n’est en poste que depuis quelques mois et qu’elle hérite d’un réseau routier négligé depuis des décennies, mais l’animateur refuse de laisser passer ce qu’il perçoit comme des excuses.
Quand Soraya Martinez Ferrada répète qu’elle n’est là « que depuis quatre mois », Dutrizac l’interrompt sèchement. Pour lui, ce n’est pas une question de durée de mandat, mais de résultats concrets sur le terrain. Il martèle l’idée qu’on peut, si on le veut vraiment, réparer des trous en « quatre mois, en quatre semaines, en quatre jours ». L’exaspération est palpable: les citoyens n’en peuvent plus d’entendre parler de plans, de comités et de projections à long terme pendant qu’ils perdent chaque jour des heures dans le trafic et esquivent les nids-de-poule comme des mines antipersonnel. « Les rues sont défoncées, le monde est pris partout, pis on se fait encore dire d’être patient », résume en substance le ton de l’animateur.
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La mairesse, elle, tente de ramener le débat sur le terrain technique. Elle rappelle qu’on ne répare pas des nids-de-poule à -15 ou -20 degrés, que les interventions hivernales ont leurs limites et que la crise actuelle est le résultat de 20 à 30 ans de sous-investissement dans l’entretien des routes. Elle souligne que l’administration précédente a misé sur certains aménagements au détriment de l’achat d’équipements lourds et de l’embauche de cols bleus, ce qui laisse aujourd’hui l’appareil municipal à court de moyens pour intervenir à la vitesse souhaitée. « On a un plan réel, on va acheter plus de machines, mais ça n’arrive pas demain matin », insiste-t-elle, tout en parlant de nouvelles machines qui n’entreront en service qu’en 2027.
C’est d’ailleurs cette mention de 2027 qui fait bondir bien des auditeurs. Pendant que la mairesse parle de délais de livraison d’équipements spécialisés, les citoyens, eux, se demandent comment ils vont survivre aux prochains hivers et printemps avec des chaussées qui s’effritent de partout. Dutrizac joue le rôle du porte-voix de cette impatience généralisée, refusant que le discours se réfugie derrière la lourdeur de la machine municipale. « Les Montréalais n’ont pas commandé leur patience sur Internet, eux autres », illustre-t-il en retour à la blague de la mairesse sur Amazon.
En « ramassant » ainsi la mairesse en direct, Benoît Dutrizac n’a pas seulement offert un moment de radio spectaculaire; il a cristallisé un ras-le-bol bien réel chez les Montréalais. Reste à voir si ce coup de gueule public servira d’électrochoc à l’hôtel de ville ou s’il ne fera qu’ajouter une couche de cynisme à une confiance déjà fragile envers ceux qui promettent, encore une fois, de réparer Montréal.
@qub_radio «Vous ne faites pas mieux que Valérie Plante»: Soraya a répondu aux questions pointues de Dutrizac 🚧🚗 #montréal #circulation #rues #niddepoule #réparation #valérieplante #sorayamaritezferrada #soraya #automobile #voiture #dommages #tiktokquebec #tiktokqc ♬ son original – qub_radio
