Le vendredi 20 mars 2026, Julien Lacroix a présenté son dernier spectacle à Magog, marquant la fin définitive de sa carrière d’humoriste.
Dans une publication émouvante sur Facebook, l’artiste québécois explique sa décision de tirer sa révérence, invoquant sa famille comme priorité absolue et une fatigue physique et mentale accumulée. « Ma famille passe avant tout. Et nous sommes fatigués, physiquement, mentalement. », écrit-il avec une sincérité poignante.
Julien Lacroix a conquis un large public avant que des allégations d’inconduites sexuelles portées par neuf femmes en 2020, relayées par Le Devoir, ne mettent sa carrière en pause. Une contre-enquête de La Presse et Cogeco Média en 2022 a toutefois questionné la solidité de ces témoignages, permettant un retour progressif sur scène avec Le temps au temps en 2023.
Malgré des excuses publiques et un travail introspectif, Lacroix déplore un portrait déformé et un climat toxique. « J’ai eu des comportements dégradants et irrespectueux, dans des bars et lors de partys au secondaire, et j’en prends l’entière responsabilité. Mais le portrait qu’on a dressé de moi est faux. Et il est devenu trop lourd à porter. », confie-t-il. Il nie fermement toute accusation de viol ou de prédation, soulignant l’absence de plaintes formelles.
Aujourd’hui, c’est la famille qui prime. Après un retour salué par plus de 40 000 spectateurs dans plusieurs salles québécoises, Lacroix constate que la pression publique rend impossible la poursuite de son métier. Récemment, des salles ont dû annuler sous les critiques, amplifiant son épuisement. « Il ne m’est juste plus possible d’exercer mon métier. »
L’humoriste pointe du doigt un environnement médiatique et social où la vérité semble secondaire face à la vengeance. Malgré la contre-enquête de 2022 et sa sobriété conquise, les amalgames persistent, rendant hasardeuse toute nuance publique. Le récent revirement de Juste pour rire, qui avait annoncé puis annulé la production de son prochain spectacle le 13 mars 2026 sous la pression d’autres humoristes, illustre cette intolérance.
Lacroix remercie ceux qui l’ont soutenu ces dernières années, tout en regrettant les débordements des six dernières années. Son départ laisse un vide dans l’humour québécois, invitant à une réflexion sur la rédemption et le pardon dans un climat polarisé.
