En un revirement spectaculaire, Juste Pour Rire annonce qu’il renonce à produire le prochain spectacle de Julien Lacroix.
Moins de 24 heures après l’annonce initiale du 12 mars, l’entreprise a pris acte de la vive réaction du public et du milieu humoristique, admettant que sa décision première n’était pas la bonne. Ce recul rapide souligne l’impact des critiques, notamment celles de Christine Morency et d’autres artistes québécois.
Le Groupe présente ses excuses à toutes les personnes heurtées par cette annonce controversée. Il comprend pleinement leur réaction et réaffirme son engagement à être un acteur rassembleur au sein de la communauté humoristique et de la société québécoise plus largement. Cette position met en lumière la sensibilité du milieu face aux allégations passées pesant sur Lacroix, remontant à 2020 et impliquant neuf femmes, comme révélé par Le Devoir.
« Diriger le Groupe Juste pour rire vient avec une grande responsabilité, je le réalise encore plus aujourd’hui, déclare le Président et directeur général Sylvain Parent-Bédard. Parmi ces responsabilités figure celle de l’écoute. Nous avons écouté aujourd’hui, nous avons reconsidéré notre décision, nous la regrettons et nous corrigeons. » Ces mots du leader de l’organisation traduisent une humilité face à la tempête soulevée. Parent-Bédard, à la barre depuis l’acquisition des actifs de Juste Pour Rire par Juste Pour Divertir en 2024, assume ainsi publiquement l’erreur.
Ce choix de correction rapide vise à préserver l’unité dans un écosystème fragile, marqué par le mouvement #MeToo et les débats sur la réhabilitation. Juste Pour Rire, pilier de l’humour québécois avec ses festivals phares à Montréal et Québec, ne commentera plus sur le sujet, évitant d’alimenter la polémique. L’entreprise priorise désormais son rôle fédérateur, au-delà des controverses individuelles.
Cette affaire illustre la puissance des voix collectives sur les réseaux sociaux, où humoristes comme Morency, Ghanimé ou Preach ont amplifié leur indignation. Le public, gardien ultime du succès des spectacles, dicte ainsi les orientations stratégiques. Juste Pour Rire réaffirme son ancrage dans les valeurs sociétales actuelles, optant pour l’écoute plutôt que la confrontation.
Reste à voir les répercussions pour Julien Lacroix, en rodage avec sa tournée, et pour l’industrie qui navigue entre pardon et vigilance. Ce recul pourrait inspirer d’autres institutions culturelles à mieux anticiper les réactions, renforçant un humour inclusif et responsable au Québec.
