Une vive controverse a éclaté sur Instagram entre Elizabeth Lemay et Léa Clermont-Dion, deux figures engagées du Québec, autour du suivi du compte de l’humoriste Julien Lacroix par la militante féministe.
En pleine promotion de la campagne @onsecoute sur le consentement sexuel, Elizabeth Lemay a lancé une pique ironique : “Littéralement en pleine campagne @onsecoute pour parler de CONSENTEMENT, mais ça empêche pas @leaclermontdion de suivre Julien Lacroix 😂😂 Le Québec est un cauchemar éveillé”.
@elizabeth_lemay
Cette déclaration a rapidement enflammé les réseaux sociaux, ravivant les plaies de l’affaire Julien Lacroix, accusé d’inconduites sexuelles lors du mouvement #MeToo au Québec, sans que les allégations n’aient abouti devant les tribunaux. Lemay, connue pour ses chroniques provocantes sur le masculinisme et la solitude des hommes, n’hésite pas à pointer du doigt ce qu’elle perçoit comme des hypocrisies dans le milieu féministe. Son commentaire, teinté d’emojis moqueurs, sous-entend une complaisance inacceptable envers un homme dont les comportements ont été jugés répugnants par plusieurs.
Léa Clermont-Dion, réalisatrice, autrice et directrice de la campagne @onsecoute – une formation obligatoire sur le consentement dans les institutions québécoises –, a répliqué avec force et émotion. “Liker une page ne signifie pas en cautionner le contenu. Je suis plusieurs groupes et pages d’extrême droite parce que j’étudie précisément la fachosphère, le victim blaming et les réactions à l’après #MeToo. Observer ces phénomènes fait partie de mon travail de recherche. Pour le prévenir.” Elle condamne vertement les agissements de Lacroix et dénonce l’accusation comme “gratuite et déshumanisante”, qualifiant l’emoji pistolet de Lemay de violence symbolique.
Cette passe d’armes met en lumière les tensions internes au féminisme québécois, entre militantes de terrain et chercheuses analytiques. Clermont-Dion, auteure de Porter plainte et conférencière internationale sur les violences sexuelles, insiste sur son engagement de plus de quinze ans, incluant des documentaires comme T’as juste à porter plainte. Lemay, animatrice radio à Radio-Canada, incarne un discours plus frontal, souvent critiqué pour sa radicalité anti-hommes.
Au Québec, où #MeToo a secoué le show-business, cette querelle ravive le débat sur la nuance versus la fermeté face aux agresseurs présumés. Julien Lacroix, qui a repris sa carrière avec un rodage de spectacle en 2026, reste une figure polarisante. Les internautes se divisent : certains applaudissent la vigilance de Lemay, d’autres saluent la rigueur académique de Clermont-Dion.
Cette guerre des mots sur Instagram illustre les fractures d’une société en quête de justice post-#MeToo. Elle pose une question cruciale : jusqu’où peut aller la critique publique sans verser dans la diffamation ? Le Québec, “cauchemar éveillé” pour les uns, laboratoire du consentement pour les autres, observe avec passion.
