Une coiffeuse au Québec n’est pas du tout d’accord avec le 500$ d’amende qui a été payé par le salon

Dans les derniers jours, l’histoire d’un salon de coiffure condamné à verser 500 $ à une personne non binaire a déclenché un véritable tourbillon d’opinions au Québec.

Au cœur de ce débat, des voix du milieu de la coiffure s’élèvent, dont celle de la coiffeuse québécoise Karine (@karine_styliste), qui juge cette sanction totalement excessive. Pour elle, un simple avertissement aurait largement suffi et aurait permis de sensibiliser tout le monde sans passer directement par la punition.

Karine rappelle d’abord un contexte que beaucoup de salons reconnaîtront : sur la grille de prix, on retrouve encore très souvent les catégories « homme », « femme », « enfant ». C’était d’ailleurs le cas du salon condamné, dont le formulaire en ligne obligeait la personne non binaire à choisir entre coupe homme ou coupe femme, ce que le Tribunal a jugé discriminatoire. La décision, rendue par le Tribunal des droits de la personne du Québec, a mené à l’octroi d’une indemnité de 500 $, malgré le fait que le salon ait ensuite ajouté une option non genrée à son système de réservation.

Pour Karine, le problème n’est pas la reconnaissance de la discrimination, mais la façon d’y répondre. Elle insiste sur le fait que cette situation aurait pu et dû être une occasion d’éducation avant tout. À ses yeux, beaucoup de salons ne sont pas mal intentionnés, mais simplement en retard sur la réalité des identités de genre actuelles. Elle considère que la décision ressemble davantage à un exemple « frappant » qu’on veut donner à tout le monde, plutôt qu’à un accompagnement bienveillant pour faire évoluer les pratiques.

Dans son propre salon, Karine explique accueillir une importante clientèle non genrée. Elle raconte que ces personnes lui confient régulièrement à quel point elles ne se sont jamais senties vraiment acceptées ailleurs. Elles n’avaient pas l’impression d’être les bienvenues ou respectées dans d’autres salons, justement à cause de formulaires ou de discours trop rigides et binaires. Cette réalité, elle la vit au quotidien derrière sa chaise de coiffeuse, ce qui donne encore plus de poids à sa prise de position.

C’est là que son message devient particulièrement fort : pour elle, les coiffeurs et coiffeuses sont avant tout des artistes, des gens de proximité, et devraient être parmi les personnes les plus inclusives au monde. Elle appelle donc sa communauté à se regarder dans le miroir – au sens propre comme au figuré – et à adapter ses façons de faire pour mieux accueillir tout le monde. « On est des artistes, on est censés être les gens les plus inclusifs au monde. Soyons-le. »

Karine ne nie pas l’importance d’offrir des options non genrées ni de reconnaître le vécu des personnes non binaires, bien au contraire. Ce qu’elle conteste, c’est l’amende de 500 $ dans un contexte où, selon elle, un dialogue et un avertissement auraient pu atteindre le même objectif, sans ajouter une pression financière supplémentaire à un petit commerce. Pendant que les tribunaux tracent des lignes juridiques, des voix comme la sienne rappellent qu’au quotidien, l’inclusion passe aussi par l’écoute, la nuance et la capacité d’apprendre de ses erreurs plutôt que d’être immédiatement sanctionné.

@karine_styliste Pas du tout d’accord avec le 500$ d’amende qui a été payé par ce salon ! Un avertissement aurait été suffisant … Par contre je suis d’accord avec le côté inclusif…. 😉 Qu’en pense tu? #inclusion #discrimination #coiffure #karinestylisteeducation #clientele ♬ son original – Karine Styliste

Mis à jour le 21 février 2026 9:38 am