Depuis quelques jours, une lettre envoyée par Revenu Québec à de nombreux créateurs de contenu fait énormément jaser dans le milieu des influenceurs.
Vincent Beauregard, connu du public pour sa participation à « Occupation Double Chez Nous », a été l’un des premiers à en parler ouvertement, déclenchant un véritable débat à l’échelle de la communauté numérique québécoise. Si plusieurs ont cru qu’il se scandalisait du fait même de devoir payer des impôts, il tient aujourd’hui à préciser que ce n’est pas du tout le cœur de son message.
Dans sa mise au point, Vincent rappelle que payer des impôts, déclarer ses revenus et ses avantages imposables fait simplement partie de la vie de tout travailleur, influenceur ou non. Ce qui le frappe, ce n’est donc pas l’existence de la loi, mais le ton et la portée de cette nouvelle lettre qui vise spécifiquement les créateurs de contenu.
Pour la première fois depuis qu’il est lui-même créateur, il dit voir le gouvernement cibler de façon directe ce secteur qui évoluait, selon lui, dans une sorte de zone grise fiscale depuis plusieurs années.
@vinnybigb
Le document de Revenu Québec rappelle en effet que doivent être déclarés non seulement les revenus en argent, mais aussi les cadeaux, collaborations, voyages, produits reçus et autres avantages obtenus en échange de visibilité.
Autrement dit, le fameux « PR package » envoyé pour une simple story Instagram devient un bien imposable au même titre qu’un cachet traditionnel. Pour plusieurs créateurs qui géraient leur activité de façon plus intuitive que structurée, cette réalité risque d’amener des surprises au moment de la prochaine déclaration de revenus.
Face aux critiques et aux malentendus, Vincent invite les influenceurs à arrêter de se déchirer dans les commentaires et à se tourner plutôt vers une meilleure éducation financière.
Il affirme disposer de bonnes références professionnelles pour ceux qui ne savent pas par où commencer, que ce soit pour la comptabilité, la fiscalité ou la gestion de leurs revenus de contenu. Dans son message, il reconnaît que ce ne sont pas tous les créateurs qui ont été outillés pour faire face à cette nouvelle rigueur administrative, et il encourage sa communauté à se responsabiliser plutôt qu’à se victimiser.
@vinnybigb
Au-delà de la controverse, cette sortie de Vincent met en lumière une transition importante pour l’industrie locale des créateurs de contenu. En traitant les influenceurs comme de véritables travailleurs autonomes soumis aux mêmes règles que les autres, l’État envoie un signal clair : ce métier, longtemps perçu comme marginal ou flou, entre désormais pleinement dans le champ de l’économie officielle. Comme le résume bien l’esprit du débat, « un revenu, c’est un revenu », et les influenceurs québécois devront, eux aussi, apprendre à composer avec cette réalité sans s’y brûler.
