Depuis quelques jours, une lettre signée de Revenu Québec fait grand bruit dans la communauté des créateurs de contenu.
Chaque influenceur, petit ou grand, a reçu le même message : il faut désormais déclarer tous les revenus liés à leurs activités en ligne. Pour plusieurs, ce rappel prend des airs de choc… mais pour d’autres, il s’agit simplement du retour à la réalité fiscale.
Le message de Revenu Québec est clair : les revenus issus des collaborations, cadeaux, produits promotionnels, abonnements payants, ou voyages offerts doivent être déclarés comme n’importe quel autre revenu professionnel. En d’autres termes, même un « PR package » reçu pour une publication Instagram devient un avantage imposable.
@vinnybigb
« Les influenceurs sont des travailleurs autonomes comme les autres. Les règles du fisc s’appliquent à tout le monde, sans exception », rappelle un fiscaliste de Montréal interrogé sur la question.
Sur Instagram, l’ancien gagnant d’« Occupation Double Chez
Nous », Vincent, a publié un message direct à ses collègues :
« Les influenceurs qui ne savent pas comment gérer leur
comptabilité et fiscalité… écrivez-moi, j’ai la bonne équipe pour
vous référer ».
Cette sortie a rapidement déclenché une vague de réactions. Certains influenceurs ont accueilli l’annonce avec maturité, admettant qu’ils devaient s’adapter. D’autres, en revanche, ont exprimé leur frustration.
« C’est de l’extorsion, on ne peut plus rien garder sans se le faire taxer ! » écrit un internaute. D’autres, plus pragmatiques, rétorquent : « C’est comme ça depuis toujours, un revenu c’est un revenu ! »
Ce qui dérange le plus, c’est moins la règle que sa rigueur soudaine. Pendant des années, une zone grise a permis à certains créateurs de ne pas tout déclarer. Mais à une époque où l’économie numérique explose, le gouvernement veut reprendre le contrôle fiscal.
« C’est normal… on appelle ça l’impôt », lâche un utilisateur ironique sous la publication de Vincent.
@vinnybigb
Pour les influenceurs qui souhaitent être reconnus comme des professionnels à part entière, cette nouvelle étape pourrait néanmoins renforcer leur crédibilité. En payant leurs impôts comme tout autre travailleur autonome, ils légitiment un métier souvent critiqué.
Cette mise au point de Revenu Québec marque peut-être la fin d’une époque où les collaborations se faisaient sans souci de conformité fiscale. Désormais, les influenceurs devront s’entourer d’experts comptables, conserver leurs reçus et évaluer la valeur marchande de chaque cadeau reçu.
Pour plusieurs, c’est un avertissement sévère. Pour d’autres, une évolution naturelle d’une industrie devenue incontournable. Une chose est certaine : le métier d’influenceur au Québec entre officiellement dans l’âge adulte.
