De passage au 5 à 7 podcast, Alicia Moffet s’ouvre avec une rare franchise sur la réalité émotionnelle et mentale de la maternité monoparentale.
Alicia explique à quel point le fait d’avoir sa fille une semaine sur deux crée un choc permanent dans son quotidien. Quand sa fille est avec elle, elle se décrit comme en « mode mère monoparentale », entièrement centrée sur les lunchs, l’école, les routines, les devoirs, les bains et les activités; tout son horaire tourne autour de l’enfant. La semaine suivante, sans sa fille, elle retombe dans une vie d’adulte sans enfant, où elle peut travailler intensément, voyager, sortir et se consacrer à sa carrière d’artiste. Ce va-et-vient constant l’oblige à « reconditionner » son cerveau chaque fois, ce qu’elle trouve extrêmement épuisant sur le plan émotionnel.« C’est malade d’avoir du temps pour soi, mais je fais un deuil énorme chaque départ », confie-t-elle.
5 à 7 Podcast
À ses yeux, c’est une réalité très particulière de la
monoparentalité moderne: être une mère aimante à 100% une semaine,
puis devoir fonctionner comme si on n’était plus parent la semaine
suivante, tout en portant en permanence la responsabilité
émotionnelle de l’enfant.
Traumatisée par la séparation de ses parents, Alicia avait juré de
ne jamais reproduire ce schéma. Sa propre rupture avec le père de
sa fille a brisé ce rêve, déclenchant un deuil du couple et de
l’image de mère parfaite. Amplifié par le scandale public avec
Fred, elle a subi une haine intense, accusée d’avoir « brisé sa
famille ».
Alicia explique qu’après le scandale entourant sa nouvelle relation
avec Fred, elle est passée d’une image « irréprochable » à une
figure polarisante, bombardée de haine en ligne. Elle a dû
apprendre à composer avec des inconnus qui commentent sa vie de
mère, remettent en question ses choix et l’accusent de trahir sa
famille, tout en continuant de s’occuper de sa fille au quotidien.
Elle dit d’ailleurs que son « image » compte beaucoup trop pour
elle, ce qui rend chaque critique encore plus douloureuse et
anxiogène.
5 à 7 Podcast
Cette exposition la préoccupe aussi pour l’avenir de sa fille.
Elle sait qu’un jour, à l’adolescence, sa fille aura accès aux
articles, aux podcasts, aux extraits de scandales, et que cela
risque de l’atteindre. Pour limiter les dégâts, Alicia a
progressivement réduit la présence de sa fille sur ses réseaux et
travaille surtout à bâtir une relation basée sur la confiance,
l’honnêteté et l’ouverture, afin que son enfant puisse venir lui
parler de tout, y compris de ce qu’elle verra en ligne.
Alicia se dit mère monoparentale, mais Fred l’aide concrètement. Il
n’est pas le père, mais son rôle de beau-père est clé: il gère les
ajustements de garde et apporte équilibre. Une anecdote illustre
son soutien: ses rallonges en feu dans un bar, éteintes par Fred.
« Même avec un partenaire bienveillant, la charge principale
reste sur moi », souligne-t-elle.
Alicia apprend à embrasser une maternité imparfaite, entre
exposition médiatique et garde complexe. Son message résonne pour
les mères monoparentales québécoises: résilience face à la
culpabilité et la fatigue, avec un amour inconditionnel.
Voici le podcast intégral:
