Le Québec vient de vivre un véritable séisme politique alors que le premier ministre François Legault a annoncé sa démission, mettant fin à plus de sept années à la tête du gouvernement et de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Cette décision survient à quelques mois seulement des élections provinciales prévues à l’automne 2026, et ouvre immédiatement la porte à une course à la direction au sein de la CAQ.
François Legault
Une annonce choc à quelques mois des élections
François Legault a confirmé sa décision de quitter ses fonctions
lors d’une conférence de presse tenue à Québec, où il a indiqué
qu’il resterait en poste jusqu’à la désignation d’un nouveau chef
pour la CAQ. Cette annonce arrive alors que des sources
parlementaires et médiatiques laissaient filtrer depuis ce matin
qu’il s’apprêtait à tourner la page sur sa carrière politique
provinciale. Plusieurs observateurs soulignent le caractère soudain
de ce point de presse convoqué en fin d’avant‑matinée, qui a pris
de court une bonne partie de la classe politique.
🚨🚨 François Legault dit démissionner «pour le bien de son parti et pour le bien du Québec». pic.twitter.com/AS8iaoj7im
— Hadi Hassin (@hassinhadi) January 14, 2026
Un premier ministre affaibli par les sondages
Depuis plusieurs mois, la popularité de François Legault et de
la CAQ était en chute marquée, la formation se retrouvant derrière
le Parti québécois et le Parti libéral du Québec dans les
intentions de vote. L’usure du pouvoir, la gestion de dossiers
sensibles comme le déficit croissant, les controverses dans des
organismes publics et des négociations tendues avec certains
groupes professionnels ont fragilisé son gouvernement. Dans ce
contexte, sa démission est perçue par plusieurs analystes comme une
tentative de donner un nouveau souffle au parti avant le scrutin
d’octobre 2026.
Le legs politique de François Legault
Cofondateur d’Air Transat et comptable de formation, François Legault s’est d’abord lancé en politique avec le Parti québécois à la fin des années 1990, avant de fonder la Coalition avenir Québec en 2011. Sous sa direction, la CAQ a remporté le pouvoir en 2018, puis a été réélue avec une imposante majorité de 90 sièges en 2022, redessinant profondément le paysage politique québécois. Plusieurs politologues estiment qu’il a durablement brisé l’alternance traditionnelle entre libéraux et péquistes, en installant une nouvelle force nationaliste au centre de l’échiquier.
Une transition délicate pour la CAQ et pour le Québec
La démission de François Legault déclenche immédiatement une
course à la chefferie qui devra être menée tambour battant, la CAQ
se retrouvant forcée de choisir un nouveau visage pour mener la
campagne de l’automne. Le premier ministre sortant demeurera à la
barre du gouvernement jusqu’à l’élection de son successeur, une
période de transition qui s’annonce délicate alors que plusieurs
dossiers budgétaires et économiques majeurs sont toujours en
suspens. Comme le résume un observateur politique, le prochain
chef de la CAQ héritera d’un parti encore puissant à l’Assemblée
nationale, mais fragilisé dans l’opinion publique.
Screenshot
Un moment chargé d’émotion pour les Québécois
Pour de nombreux citoyens, cette annonce provoque un mélange de
surprise, de soulagement et de tristesse, selon leurs affinités
politiques et leur lecture du bilan des dernières années. L’homme
qui a dominé la scène politique québécoise pendant plus d’une
décennie quitte la lumière en laissant derrière lui un héritage
complexe, fait de promesses tenues, de controverses et de profondes
transformations institutionnelles. Comme l’a résumé un
commentateur, la page Legault se tourne, mais les effets de son
passage à la tête du Québec se feront sentir encore
longtemps.
