Une grand-mère de 80 ans se réveille dans son corps de 32 ans pour une seule journée

J’ai 80 ans, et d’une manière ou d’une autre, je me réveille dans mon corps de 32 ans. Juste pour une journée. Je me réveille au son de petites mains qui tirent les couvertures. « Maman, réveille-toi ! » ils crient.

Je cligne des yeux et je m’assois lentement. Mes bébés. Ils sont à nouveau petits. Ils grimpent dans le lit, rient et gigotent. Je me souviens de ces matins pressés… mais pas aujourd’hui.

Je les serre contre moi. Je les tiens fort. J’embrasse leurs cheveux en bataille. Je tiens leurs petites mains. Cette fois, je savoure chaque seconde.

Je croise mon reflet dans le miroir de la salle de bain. Plus aucune ride profonde, plus de cheveux gris. Mon visage plus jeune. À 41 ans, je pensais avoir l’air vieille. Quelle idée ridicule.

Je trouve mon mari dans la cuisine, en train de faire du café. Il a l’air fort, il a l’air jeune. Je passe mes bras autour de lui. Il semble surpris. Peut-être qu’on ne se serrait pas assez dans les bras à cette époque, je me dis.

On parle de la journée, et aujourd’hui, tout semble grand. Je mémorise le son de sa voix. On monte tous dans la voiture. Les enfants se disputent pour les ceintures de sécurité. Quelqu’un fait tomber une collation.

Il y a des miettes partout. Avant, ça me rendait folle. Agacée. Mais aujourd’hui, je savoure le bruit et le chaos, parce que je sais que ma voiture sera silencieuse et impeccable pendant encore de nombreuses années. Le souper est bruyant et désorganisé.

Personne ne veut rester assis. Ça crie, ça rit, ça chicane. C’est plein de vie. Je ne nettoie pas tout de suite. Je reste simplement là, à regarder, en essayant de tout graver dans ma mémoire.

Avant d’aller me coucher, je prends le téléphone. J’appelle ma mère. Et j’entends sa voix. Cette voix que je n’ai pas entendue depuis tant d’années. Je ferme les yeux et je laisse ses mots me traverser.

Je lui dis que je l’aime, encore et encore. Je ne veux pas raccrocher. Et cette fois, je ne laisse rien d’inachevé. Au moment du coucher, je ne saute pas de pages dans l’histoire. Je lis chaque mot.

Puis je demande : « On peut lire un autre livre ? » Et ils disent oui. Je ne veux pas que cette journée se termine. J’ai eu une journée de plus. Et cette fois, je savais que c’était ça, la joie.

C’était ça, l’amour. Ces petites mains. Nos corps jeunes et forts, sans douleur ni fatigue. Nos parents encore en vie. Tout cela comptait tellement.

Bien plus qu’on ne le réalisait à l’époque.

Mis à jour le 10 janvier 2026 11:26 am