Benoît Dutrizac s’est littéralement déchaîné contre le Bye Bye 2025, qu’il voit comme une revue de fin d’année devenue molle, complaisante et complètement déconnectée des vrais enjeux politiques.
Au cœur de sa colère: le sketch musical sur Donald Trump – le fameux «gros cochon sale» – qu’il considère comme un symbole d’un humour paresseux, ni drôle ni courageux.
Pour Dutrizac, transformer Donald Trump en personnage de comédie
musicale qui chante «il est réélu, le gros cochon sale» relève plus
du slogan creux que de la satire intelligente. Il se demande
combien de personnes ont pu valider un concept qu’il juge
«légendaire» uniquement par son insignifiance, tant le gag lui
paraît facile et méprisant à la fois. (via PetitPetitGamin)
Pendant que le Bye Bye se contente de caricaturer Trump à coups de
répliques grossières, Dutrizac rappelle que le président américain
multiplie les décisions aux conséquences internationales majeures,
ce qui exigerait un humour beaucoup plus mordant et informé. À ses
yeux, on confond désormais vulgarité bon marché et véritable
critique politique.
@Vidoc_Ronaco
Dutrizac fulmine en constatant le contraste entre la légèreté des sketchs et la gravité du bilan de Justin Trudeau, qu’il accuse d’avoir coûté 570 millions en élections, doublé la dette et contribué à une crise du logement et une immigration mal gérée. Malgré ce contexte, le premier ministre se retrouve en fin d’année dans un petit sketch «cute», presque romantique, où l’on «regarde les étoiles» plutôt que de l’astreindre à rendre des comptes.
Il dénonce aussi la proximité médiatico-politique, parlant de
gens qui «se couchent avec Justin» plutôt que de le talonner, ce
qui, selon lui, affadit complètement la charge humoristique.
L’humour de fin d’année devient ainsi un baume confortable au lieu
d’une véritable mise en accusation comique du pouvoir.
Dans sa montée de lait, Dutrizac écorche Radio-Canada, qu’il accuse
de ne jamais oser le même genre de coups de pied que ceux donnés
symboliquement par Trump dans le sketch. Il parle du «petit chien
de poche» pour évoquer cette attitude servile: on fait le beau
devant le «gros cochon sale», mais on n’ose pas s’attaquer à tous
les puissants avec la même vigueur.
@Vidoc_Ronaco
Jean-René Dufort, figure centrale d’Infoman et des rendez-vous de fin d’année, n’est pas épargné: Dutrizac trouve qu’il est devenu «mollasson», préférant lancer des «ballounes» aux politiciens plutôt que des questions qui dérangent vraiment. Au lieu d’«extirper quelque chose» de ses invités, il se contenterait d’animer une sorte de Tout le monde en parle bis, où l’on passe surtout son temps à critiquer «les autres» sans jamais creuser le fond.
Ce qui révolte le plus Dutrizac, c’est l’écart abyssal entre les crises réelles – dette, logement, immigration, paix sociale – et la façon dont le Bye Bye préfère en faire des numéros consensuels, inoffensifs et rapidement oubliables. Il parle d’un humour «niannian» qui ne provoque plus de réflexion et qui évite soigneusement de prendre des risques, surtout envers les figures du pouvoir qui façonnent concrètement la vie des citoyens.
@Vidoc_Ronaco
Pour lui, un média public comme Radio-Canada devrait viser un humour plus tranchant, plus signifiant, capable de faire rire tout en mettant mal à l’aise, plutôt que de livrer un spectacle de divertissement formaté pour ne froisser personne. Dutrizac lance ainsi un véritable cri du cœur: si le Bye Bye veut rester pertinent, il doit sortir de sa zone de confort et cesser de se cacher derrière des tunes de comédie musicale et des blagues faciles sur le «gros cochon sale».
DUTRIZAC EN TABARNAK 🐷| Benoît Dutrizac commence l'année en force en critiquant sévèrement l'insignifiance des sketchs du BYE BYE de Radio-Canada et la MOLLESSE et l'aplaventrisme de Jean-René Dufort🥳 pic.twitter.com/Lh1tKj0hgO
— 🔥Vidoc RonaCO₂🔥 (@Vidoc_Ronaco) January 5, 2026
