Une fille au Québec prouve à son père que tous les étudiants qui terminent leurs études sont dans la bouette

Une jeune femme québécoise vient de résumer, en une lettre déchirante à son père, le ras‑le‑bol silencieux d’une génération entière face à un système qui ne tient plus la route.

Elle cumule DEC, BAC, bientôt maîtrise… et 54 000 $ de dettes étudiantes, dans un Québec où les loyers et le coût de la vie explosent beaucoup plus vite que les salaires. Son témoignage commence comme une chicane de famille, mais se transforme vite en acte d’accusation contre un modèle qui a promis une « meilleure vie » à force d’études, sans jamais prévenir du prix réel à payer.

Au Québec, la majorité des étudiants doivent aujourd’hui s’endetter pour terminer leurs études, et la proportion de diplômés qui sortent de l’université avec plus de 25 000 $ de dettes ne cesse d’augmenter. Dans les grandes villes comme Montréal, les rapports sur la précarité étudiante montrent que le stress financier, le coût des études et du logement sont devenus des enjeux centraux du parcours scolaire, au même titre que les notes ou les stages.

Pendant que les frais liés aux études et à la vie quotidienne augmentent, le marché du travail exige souvent plusieurs années d’expérience pour des postes d’entrée, enfermant les finissants dans un cercle vicieux d’emplois précaires et de candidatures refusées. Une simple pause dans les études peut d’ailleurs accélérer le début du remboursement des prêts, ce qui alourdit encore plus la pression immédiatement après la diplomation.

Sur l’île de Montréal, le loyer moyen dépasse déjà largement les 1 500 $ par mois pour un appartement standard, et plusieurs secteurs atteignent ou dépassent la barre des 1 800 $ pour de petites superficies. Les hausses annuelles recommandées par le Tribunal administratif du logement tournent autour de 5,9 %, l’une des plus fortes des trente dernières années, ce qui fait grimper les loyers bien plus vite que les revenus d’entrée sur le marché du travail.

Dans ce contexte, payer un 3 ½, l’épicerie, le transport et les remboursements d’études laisse très peu de marge, même pour des diplômés à temps plein qui travaillent déjà au maximum de leurs capacités. Pas étonnant que les études sur la condition étudiante parlent de plus en plus de détresse psychologique et de sentiment d’échec, même chez ceux qui ont « tout bien fait » comme on le leur a demandé.

Mis à jour le 10 janvier 2026 11:03 am