Une ancienne vidéo controversée de Cory Albert refait surface à son passage à Un Souper Presque Parfait

Une séquence de Un Souper Presque Parfait, diffusée en 2024, revient hanter Cory Albert.

Dans l’échange, l’influenceur immobilier compare les locataires à des « moutons » qui produisent de la « laine » chaque mois. À la lumière du documentaire d’Enquête, ces mots prennent aujourd’hui une tout autre portée.

Dans l’extrait, une participante demande à Cory Albert pourquoi il publie autant de vidéos sur les finances. « J’aide des gens à faire de l’argent », répond-il. Puis, lorsqu’elle lui demande pourquoi il aurait qualifié les locataires de « moutons », il nie d’abord avoir tenu ces propos.

Cory Albert

La vidéo est ensuite montrée. On y entend l’investisseur dire : « Je veux pas ton 20 000 $, c’est du papier. Moi, je veux le mouton qui va me donner de la laine tous les premiers du mois. Un immeuble, c’est exactement ça que ça fait. »

Interpellé, Cory Albert tente de nuancer sa métaphore : « Moi, je veux le mouton. Je veux pas la laine du mouton. Je veux la poule, pas les œufs. » Une distinction qui n’a pas convaincu la participante, qui estime que l’immeuble devient surtout un outil pour enrichir sa propre entreprise.

Le reportage Influenceurs immobiliers : des portes à tout prix, diffusé par Radio-Canada le 22 octobre, documente les méthodes de certains investisseurs pour faire grimper rapidement la valeur d’immeubles locatifs, souvent au détriment de locataires vulnérables. L’équipe a suivi la formation de Cory Albert, qui comptait 120 000 abonnés sur TikTok au moment de l’enquête.

À Saint-Georges, en Beauce, le reportage affirmait que l’influenceur prévoyait faire passer les loyers moyens de 625 $ à 1 100 $ par mois en moins de deux ans, tout en transférant les frais de chauffage aux occupants. Il aurait aussi décrit l’immeuble comme une « vache à lait ».

« Ces techniques, bien que légales, ont un impact négatif sur la majorité des locataires des immeubles », révèle Enquête. Le reportage montre notamment que des fonds peuvent être gardés en réserve pour convaincre des locataires de libérer leur logement plus rapidement.

La séquence de Un Souper Presque Parfait est devenue virale parce qu’elle semble anticiper ce que le documentaire a ensuite mis en images : une vision de l’immobilier où le locataire n’est pas d’abord une personne, mais une source de revenus récurrente. La participante résume le malaise : « Son but en ce moment, cette semaine, c’est vraiment de faire parler de lui, mais juste pour sa business. »

Cory Albert

Depuis la diffusion du reportage, Atlas Société Immobilière a annoncé annuler la vente d’un complexe de 29 logements à Cory Albert, une transaction évaluée à environ 3 millions de dollars. L’entreprise a précisé que les baux actuels seraient respectés et qu’elle rencontrerait les locataires pour les rassurer.

Cory Albert a affirmé à Radio-Canada renoncer à son projet de doubler les loyers à moyen terme. Mais pour plusieurs Québécois, l’ancienne vidéo laisse une question difficile à esquiver : quand on parle de « liberté financière », qui paie réellement la facture ?

Voici la vidéo intégrale:

Mis à jour le 30 octobre 2026 9:29 am