Combien faut-il vraiment gagner au Québec pour se sentir riche? Invité au podcast Sans Limite d’Hugo Girard, Olivier Primeau a lancé un chiffre qui a fait réagir : 200 000 $ par année.
Une affirmation qui divise, dans un contexte où le logement et l’épicerie pèsent lourd.
Pour l’entrepreneur, la richesse ne se résume pas à une grosse maison ou à une voiture de luxe. Il estime qu’un revenu annuel de 200 000 $ permet enfin de vivre sans calculer chaque dépense. « Quand j’avais 20 ans, je travaillais pour mon père dans l’épicerie. Je faisais 1 000 piasses par semaine. J’étais riche, là », a-t-il raconté.
Son raisonnement repose sur une comparaison frappante : il y a vingt ans, 1 000 $ par semaine semblait confortable. Aujourd’hui, il estime que ce montant ne suffit plus à accéder à la propriété. « Avoir un bon salaire pour pouvoir t’acheter une maison, ça a pas d’allure », a-t-il ajouté.
Son seuil n’est pas si farfelu sur le papier. Au Québec, un ménage dont le revenu dépasse 202 000 $ fait partie des 10% les plus aisés, selon des données de l’Institut de la statistique du Québec citées par La Presse. À l’inverse, la moitié des ménages gagnent moins de 82 379 $.
Le revenu médian après impôt des particuliers québécois de 16 ans et plus s’élevait à 40 600 $ en 2023. Donc, 200 000 $ place un ménage dans une position nettement privilégiée, même si cela ne garantit pas une vie sans pression financière. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été vives. Plusieurs internautes ont rappelé que gagner 1 000 $ par semaine reste hors de portée pour beaucoup de travailleurs. D’autres ont souligné que la richesse dépend surtout des dettes, du loyer, de la région et du nombre de personnes à charge.
C’est là que l’argument de Primeau trouve ses limites. Un revenu de 200 000 $ peut sembler élevé, mais il fond rapidement avec une hypothèque coûteuse, des enfants ou des imprévus. La richesse n’est pas seulement une question de salaire brut : c’est aussi un équilibre entre les entrées et les sorties d’argent.
Le véritable sujet derrière cette déclaration, c’est le sentiment d’être coincé. Des salaires corrects sur le papier ne permettent plus forcément d’acheter une propriété, d’épargner ou de planifier l’avenir. Le revenu médian ajusté par personne au Québec est passé de 47 300 $ à 59 300 $ entre 2009 et 2024, une progression mince face à la hausse des besoins essentiels.
Primeau a peut-être exagéré le seuil de la richesse. Mais il a touché une corde sensible : plusieurs Québécois travaillent fort sans avancer. Tant que la propriété restera difficile d’accès, le débat continuera.
