Pierre-Yves McSween donne son opinion sur le StreamFest et Julien Médusa

Le StreamFest de Julien Médusa a soulevé des questions bien au-delà de la controverse entourant les propos tenus à Miami.

Dans une analyse consacrée aux dépenses d’entreprise, Pierre-Yves McSween s’est demandé jusqu’où un événement luxueux peut être considéré comme une dépense professionnelle déductible. Selon lui, tout dépend de l’objectif réel, des preuves disponibles et de la portion personnelle de l’activité.

Pierre-Yves McSween

McSween explique qu’une entreprise peut investir dans une activité de promotion même si celle-ci ne produit pas immédiatement un profit. Il faut toutefois démontrer qu’il existait une attente raisonnable de revenus et que l’événement servait réellement à faire connaître une entreprise ou ses produits.

Dans le cas du StreamFest, la présence de créateurs et les diffusions en direct pourraient soutenir un argument commercial. Filmer une fête entre amis ne suffirait cependant pas à transformer toutes les dépenses en frais d’entreprise.

«Ce n’est pas parce que vous faites une campagne marketing que l’événement n’est pas justifiable au niveau fiscal», explique-t-il. Il ajoute que la question centrale demeure la suivante : quelle était l’intention globale derrière l’activité?

McSween rappelle qu’un voyage peut mélanger des éléments professionnels et personnels. Une soirée organisée pour des clients ou des partenaires pourrait être défendable, tandis qu’une fête principalement destinée au plaisir de l’organisateur et de ses amis risque d’être examinée plus sévèrement.

Le montant dépensé devient aussi un facteur important. Une soirée à 50 000 $ peut-elle produire la même visibilité qu’une activité à 20 000 $? Selon l’analyse, il faudra expliquer pourquoi le montant était raisonnable dans le contexte et montrer qu’une dépense moins élevée n’aurait pas offert les mêmes résultats.

Les règles ne traitent pas nécessairement toutes les dépenses de la même manière. Les frais de repas et de représentation sont généralement soumis à une limite de 50% lorsqu’ils sont admissibles, et doivent être raisonnables et liés à l’entreprise.

Les autorités fiscales indiquent aussi qu’une dépense d’influenceur doit être directement liée aux revenus commerciaux, raisonnable et justifiable. La partie personnelle ne peut pas simplement être rebaptisée marketing pour devenir déductible.

Pour défendre une dépense importante, l’entreprise devrait conserver les contrats, les factures, les objectifs de campagne, les résultats et les explications démontrant le lien avec les revenus. Dans une activité hybride, il faudrait séparer la portion professionnelle de la portion personnelle.

McSween ne tranche donc pas le cas de Julien Médusa. Il rappelle plutôt qu’une facture élevée n’est pas automatiquement illégitime, mais qu’elle doit pouvoir être expliquée. La véritable question ne sera pas seulement de savoir combien le StreamFest a coûté, mais pourquoi chaque dépense a été engagée et quelle preuve démontre son objectif commercial.

Mis à jour le 18 août 2026 9:59 am