Louis Morissette pète sa coche et ramasse ceux qui l’insultent parce qu’il reçoit des subventions

Louis Morissette en a plein son casque. Dans un passage qui circule présentement, l’humoriste et producteur s’attaque frontalement à ceux qui l’insultent de « subventionné » dès qu’ils apprennent qu’une production culturelle a reçu de l’aide publique.

Son message est clair : derrière un film, une série ou un spectacle, il n’y a pas seulement des artistes, mais des centaines de travailleurs qui paient leurs factures.

Morissette décrit une scène qui devient trop familière sur les réseaux sociaux. Une personne le reconnaît, fouille rapidement dans sa vie ou celle de son entreprise, découvre qu’une production a bénéficié d’un soutien gouvernemental, puis conclut que lui-même serait financé à titre personnel. (via PetitPetitGamin)

Louis Morissette

Il rappelle que l’argent annoncé ne finit pas directement dans les poches du producteur. Un film budgété à trois ou cinq millions de dollars mobilise des costumiers, des caméramans, des électriciens, des décorateurs, des monteurs, des régisseurs et une foule de métiers techniques. « Tu arrives sur un plateau de film, il y a 200 personnes qui travaillent », résume-t-il.

Pour lui, l’insulte révèle aussi un double standard. Il s’interroge : pourquoi les artistes seraient-ils les seuls à être jugés sévèrement lorsqu’ils reçoivent une aide publique, alors que d’autres secteurs en bénéficient sans déclencher la même colère?

Le fond de son argument tient dans une réalité économique souvent oubliée. Le crédit d’impôt pour les productions québécoises vise notamment les dépenses de main-d’œuvre engagées par des entreprises établies au Québec. Revenu Québec précise que ces dépenses peuvent aussi inclure des rémunérations versées à des sous-traitants.

Le Québec offre aussi un crédit remboursable pour attirer des tournages étrangers et soutenir les services techniques comme l’animation et les effets spéciaux. La mesure a notamment pour but de créer des emplois et de maintenir la province compétitive face à d’autres territoires.

Ce n’est donc pas simplement une question de fierté culturelle. Lorsqu’une production américaine choisit Montréal ou Québec, elle embauche des équipes locales, loue des espaces, achète des services et alimente toute une chaîne économique. Le crédit offert pour les services de production peut atteindre 25% des dépenses admissibles.

Louis Morissette

Morissette souligne un détail qui devrait faire réfléchir les critiques : les studios étrangers viennent ici précisément parce que les techniciens québécois sont réputés excellents. Cette expertise ne tombe pas du ciel. Elle se construit avec des formations, des tournages répétés et une industrie qui peut survivre entre deux grands projets.

Son ton est brut, mais sa colère cache une frustration plus large. Il ne demande pas qu’on applaudit chaque projet sans poser de questions. Il demande surtout qu’on cesse de réduire tout le secteur culturel à une caricature d’artistes gâtés par l’État.

« Pourquoi on n’est pas plus fiers? », lance-t-il. La question mérite d’être posée. Parce qu’un film subventionné n’est pas seulement une œuvre : c’est aussi un plateau rempli de Québécois qui travaillent, créent et font rayonner leur savoir-faire.

Mis à jour le 26 octobre 2026 10:28 am