Elle a parlé sans détour. Dans une vidéo partagée sur Instagram, Sarah Massie, mieux connue comme La Jumelle au Québec, a exprimé sa fatigue face à une réalité qui la dépasse : malgré son activité en ligne, elle estime ne plus garder assez d’argent.
Dans son intervention, la créatrice de contenu explique avoir payé environ 4 500 $ pour faire produire ses déclarations de revenus. Elle dit ne pas diriger une grosse entreprise ni gérer des centaines de milliers de factures, mais se sentir écrasée par la facture.
Son frustration ne s’arrête pas là. Elle affirme qu’une plateforme de contenu pour adultes retient environ 28% de ses revenus, avant que les impôts ne s’ajoutent. Selon elle, presque aucune de ses dépenses ne serait reconnue.
« Rendu là, avec tout ce que je me fais enlever, dans le fond, je fais tout ça pour sûrement me retrouver avec le salaire d’une fille qui travaille au Tim Hortons », a-t-elle lancé.
Derrière le ton émotif, son témoignage touche un enjeu bien connu des travailleurs autonomes québécois : le revenu brut n’est jamais le revenu disponible. Entre les frais de plateforme, les honoraires professionnels, les cotisations et les impôts, une part importante peut disparaître avant même d’arriver dans le compte bancaire.
Au Québec, le taux marginal combiné fédéral et provincial peut atteindre 53,31% pour les revenus imposables les plus élevés en 2026. Cela ne veut pas dire que toute la paie est taxée à ce taux, puisque l’impôt progresse par tranches, mais l’effet peut sembler brutal pour une travailleuse autonome.
Les dépenses admissibles peuvent aussi faire une différence majeure. Équipement, abonnements professionnels, publicité ou déplacements liés au travail peuvent parfois réduire le revenu imposable, selon la nature réelle des dépenses.
Pour les créateurs de contenu, le message de La Jumelle rappelle l’importance de suivre chaque revenu et chaque dépense dès le début de l’année. Attendre la période des impôts peut transformer une bonne année en source de stress.
Elle évoque aussi les frais de garde, affirmant que placer sa fille en garderie lui coûterait environ 60 $ par jour. Pour plusieurs parents travailleurs autonomes, ces coûts changent complètement le calcul : travailler plus ne signifie pas toujours gagner plus.
Son cri de coeur ne concerne donc pas seulement sa situation personnelle. Il met en lumière la fatigue de ceux qui travaillent seuls, sans congés payés, sans assurance collective et sans filet sécuritaire, tout en portant eux-mêmes le poids de leur comptabilité.
La question reste ouverte : à partir de quel moment le travail autonome cesse-t-il d’être une liberté pour devenir une course épuisante?
