Une fille au Québec pète sa coche car tout est rendu cher au Village des Valeurs

Elle entre au Village des Valeurs pour trouver une aubaine. Elle repart avec une facture qui la laisse sans mots : un manteau en suède, visiblement usé, affiché à 69,99 $.

Sur TikTok, Charlie Llavertu a mis le doigt sur une frustration qui fait réagir plusieurs Québécois.

« Je ne sais pas qui justifie les prix », lance-t-elle en montrant le vêtement donné au départ. Son étonnement a déclenché une vague de commentaires, où les souvenirs de friperies abordables côtoient l’inquiétude de voir la seconde main devenir un simple commerce. (via PetitPetitGamin)

@charlie.llavertu

Le manteau à 69,99 $ n’est pas passé inaperçu. Plusieurs internautes rappellent avoir acheté des manteaux à 8 $ au Village des Valeurs. La différence est assez marquée pour faire douter plusieurs clients de l’esprit friperie du magasin.

Les exemples avancés donnent le ton : une vieille sacoche Lambert à 80 $, des manteaux parfois plus chers que du neuf, ou des vêtements dont l’étiquette d’origine dépasse le prix demandé en friperie. Une cliente raconte avoir trouvé, dans le sous-sol d’une église, des manteaux à 1 $ et du cuir véritable à 10 $. Son message est clair : « Faut que ça revienne ça dans les friperies. »

Le débat n’est pas nouveau. En 2024, La Presse avait relevé des articles d’occasion vendus plus cher que leur prix initial dans certaines succursales du Village des Valeurs et de Renaissance, tout en rappelant que l’inflation et les coûts d’opération peuvent aussi expliquer une partie des hausses.

Le malaise vient surtout d’un décalage. Le Village des Valeurs se présente comme un détaillant d’occasions, mais il précise aussi sur son site qu’il s’agit d’une entreprise à but lucratif et que les achats ne profitent pas directement aux organismes partenaires. Pour plusieurs, cette réalité entre en conflit avec l’idée d’un magasin alimenté par des dons.

« Les friperies suivent l’offre et la demande plus que la vraie mission d’une friperie malheureusement », résume une internaute. La popularité de la seconde main a changé la valeur perçue des vêtements usés.

@charlie.llavertu

Avant de laisser un article sur les tablettes, il reste possible de vérifier son état, de comparer avec le prix du neuf et de questionner un responsable si l’évaluation paraît erronée. L’entreprise affirme traiter environ 30 000 articles par semaine par magasin et invite les clients à signaler les erreurs de prix.

La pression des consommateurs demeure le meilleur levier. Si les clients refusent de payer le prix du neuf pour de l’usé, les friperies devront repenser leur façon d’évaluer les dons.

Parce qu’une friperie devrait rester un endroit où l’on trouve une chance, pas une facture qui donne l’impression d’avoir été prise pour une vache à lait.

@charlie.llavertu J’ai beaucoup de questions… #inflation #quebec #thrifting #thriftshop ♬ son original – Charlie Lavertu

Mis à jour le 11 octobre 2026 8:29 am