Vanessa Pilon a partagé, les larmes aux yeux, un témoignage brut sur Instagram jeudi matin, révélant une agression survenue la veille lors d’un événement caritatif dédié à la lutte contre la violence faite aux femmes.
L’animatrice, porte-parole du calendrier Alké 2027 au profit des maisons d’hébergement Horizon pour Elle et Alice-Desmarais, participait à une soirée de levée de fonds rassemblant des centaines de personnes.
Alors qu’elle discutait avec les invités après le moment principal, un homme s’est approché d’elle et, profitant du dos ouvert de sa robe, a glissé sa main dans son dos pour lui agripper la taille sans consentement, l’invitant ensuite à quitter la soirée pour aller souper avec lui. « Je suis extrêmement mal à l’aise sur le coup, puis je suis comme figée », raconte-t-elle dans sa vidéo non éditée, ajoutant que d’autres femmes ont été témoins de la scène et l’ont accompagnée jusqu’à sa voiture par solidarité.
Ce qui bouleverse particulièrement Vanessa Pilon, c’est le contexte ironique et douloureux de l’agression : un homme qui ose poser ce geste précisément lors d’une soirée dénonçant la violence conjugale. « Comment ça se fait qu’on est tellement rendu habitué à ça qu’on est juste… puis qu’on n’est pas en train de le remettre à sa place, ce gars-là ? », questionne-t-elle, visiblement ébranlée.
L’animatrice révèle que ce type de situation lui est arrivé « des dizaines et des dizaines de fois » au fil des années, y compris de la part de politiciens lors de photos officielles. « C’est pour ça que je vais dans presque plus aucune soirée, surtout quand il y a de l’alcool », confie-t-elle. Cette fois, cependant, marque un point de rupture : « Hier soir, on dirait que c’est comme la fois de trop. »
Le lendemain matin, une autre mauvaise nouvelle l’attendait : une lettre d’un homme qui la harcèle sur les réseaux sociaux depuis l’été, convaincu qu’elle lui envoie des messages codés dans ses stories, et qui prétend avoir trouvé son adresse et s’être présenté chez elle pendant qu’elle était avec sa fille. « Je me sens plus en sécurité chez moi. C’est quand qu’on va pouvoir se sentir juste en sécurité ? », lance-t-elle, la voix brisée.
Vanessa Pilon termine son témoignage par un appel direct aux hommes, les exhortant à sortir du silence complice qui permet à cette culture de persister. « Les gars qui sont comme : « Moi, je suis un bon gars. » Oui, mais faites de quoi ? Parlez aux autres gars. Prononcez-vous. Agissez quand vous êtes témoin d’affaires. »
Elle répond aussi par avance aux critiques habituelles : « « C’est pas tous les gars. » Non. Mais par votre silence, vous contribuez au problème. » Pour illustrer son propos, elle utilise une métaphore frappante : « Si tu me donnes un panier de raisins, puis tu me dis qu’il y en a juste trois là-dedans qui sont shootés à l’arsenic, je n’ai pas le goût de manger les raisins, je me méfie. »
L’animatrice annonce qu’elle rencontrera la Sûreté du Québec dans la journée et conclut sur une note d’épuisement : « Je suis tannée d’avoir peur. Je suis tannée d’avoir peur pour ma fille. » Un cri du cœur qui résonne avec force dans un Québec où la question des féminicides et de la violence faite aux femmes est plus que jamais au centre des préoccupations sociales.
