Benoît Dutrizac pète sa coche, car le débat des chefs au Québec était d’un ennui total

Il voulait entendre parler du Québec d’aujourd’hui. Benoît Dutrizac dit plutôt avoir assisté à un débat tourné vers l’avenir lointain, alors que la criminalité le préoccupe maintenant.

Dans un extrait diffusé par QUB, l’animateur raconte avoir presque oublié le rendez-vous politique : il regardait un film de Clint Eastwood avant de se brancher vers 21 h 05. Ce qu’il a entendu ensuite ne l’a pas convaincu.

Ce qui irrite Dutrizac, ce n’est pas seulement le ton du débat. C’est la place accordée, selon lui, aux préoccupations immédiates. Il juge que l’indépendance demeure un projet hypothétique, tandis que la criminalité touche déjà la vie des gens. Son reproche est direct : pourquoi ne pas demander aux chefs ce qu’ils comptent faire face à ce problème précis?

La question sur le Québec dans 30 ans lui reste particulièrement en travers de la gorge. « Parle-moi du Québec dans 30 heures », lance-t-il dans l’extrait fourni. La formule frappe parce qu’elle ramène la discussion à ce qu’un électeur peut observer en sortant de chez lui, plutôt qu’à une vision qu’il faudra attendre des décennies pour vérifier.

Le débat des chefs diffusé par Radio-Canada était prévu le 23 septembre, dans une campagne comptant aussi deux autres débats télévisés. Dutrizac, lui, décrit sa deuxième heure d’écoute comme ennuyante. Il ne prétend pas livrer un bilan complet des échanges : il raconte la portion qu’il a regardée et la frustration qu’elle lui a laissée.

L’animateur s’en prend également à Amnistie internationale, dont il rejette la critique du Parti québécois. Le 23 septembre, l’organisme accusait des membres du parti de pratiques d’intimidation et de harcèlement envers des opposants politiques, selon un compte rendu du 98.5. Il s’agit d’accusations rapportées, et non de faits établis dans l’extrait.

Dutrizac ne développe pas de réponse à ces allégations. Il exprime surtout son exaspération devant ce qu’il appelle les deux extrémités du débat politique. Sa réaction mêle donc deux reproches distincts : des questions qu’il trouve trop éloignées du quotidien et une polarisation qu’il dit ne plus supporter.

Les réactions sous la vidéo fournie montrent pourquoi le choix des sujets compte. Une personne défend l’importance de la souveraineté; une autre décrit son sentiment, comme anglophone, de ne pas être représentée. Ces témoignages ne disent pas ce que pense tout le Québec. Ils rappellent plutôt qu’un débat utile doit permettre aux chefs de répondre à des inquiétudes différentes, sans laisser les questions pressantes de côté.

La sortie de Dutrizac pose finalement une question simple aux formations politiques : peuvent-elles parler du Québec de demain sans esquiver celui que les électeurs vivent aujourd’hui?

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Mis à jour le 27 septembre 2026 4:33 pm