PC Jolicoeur ne mâche pas ses mots devant la campagne électorale québécoise. Après seulement 15 à 20 minutes du débat des chefs, le courtier hypothécaire raconte avoir éteint la télévision, incapable de retenir sa frustration.
Dans une publication qui fait réagir, il s’en prend surtout aux propositions fiscales visant les fortunes de 25 millions de dollars et plus.
À première vue, plusieurs Québécois pourraient se dire que cette question ne les concerne pas. Après tout, peu de gens possèdent une fortune de cette importance. Pour PC Jolicoeur, le raisonnement est toutefois beaucoup trop simple. (via PetitPetitGamin)

Selon lui, une personne fortunée peut aussi être propriétaire d’une entreprise, un employeur ou un investisseur. Si cette personne juge que la pression fiscale devient trop lourde, elle pourrait déplacer une partie de ses activités ailleurs. Le risque, soutient-il, ne concerne donc pas uniquement les millionnaires, mais aussi les travailleurs qui dépendent de ces entreprises.
« Je ne défends pas les riches. Je défends les emplois qu’ils créent », écrit-il dans sa publication.
Le courtier hypothécaire s’appuie également sur une donnée qui mérite, selon lui, beaucoup plus d’attention. Le Québec comptait environ 123 000 entrepreneurs employeurs en 2025, soit le niveau le plus faible depuis 1980. Au milieu des années 2000, ce nombre atteignait près de 194 000.
Le portrait officiel du ministère de l’Économie définit ces entrepreneurs comme des travailleurs autonomes qui emploient au moins une autre personne. Le même document rappelle qu’ils créent des emplois, favorisent l’innovation et attirent de nouveaux résidents. Il souligne aussi que leur diminution peut affaiblir la capacité du Québec à profiter de nouvelles occasions d’affaires.
Pour PC Jolicoeur, ce recul devrait pousser les partis à réfléchir à la façon d’attirer la richesse plutôt qu’à chercher constamment de nouvelles sources de revenus auprès des mêmes contribuables.

Dans son texte, PC Jolicoeur cite l’Alberta comme exemple d’une province qui mise davantage sur ses ressources naturelles et une fiscalité différente. Cette province n’a pas de taxe de vente provinciale et son taux d’imposition des sociétés est établi à 8%. Son économie demeure fortement liée au pétrole et au gaz, ce qui la rend prospère, mais aussi vulnérable aux fluctuations des marchés.
Son message ne consiste pas à présenter l’Alberta comme un modèle parfait. Il estime plutôt que le Québec possède lui aussi des ressources importantes et devrait avoir davantage d’ambition pour les développer, attirer des investissements et négocier la création d’emplois.
« L’État n’a pas des poches infinies », écrit-il, avant d’inviter les électeurs à faire leurs calculs avant le 5 octobre.
PC Jolicoeur reconnaît rester au Québec parce qu’il espère voir la province s’améliorer. Mais son cri du cœur traduit une frustration grandissante : selon lui, protéger l’emploi devrait passer avant le désir de punir la réussite.
