Le débat sur les voitures électriques prend une nouvelle tournure au Québec. Alors que les rabais publics tentent encore de convaincre les automobilistes de changer de technologie, Antoine Joubert croit que cette aide fausse le marché.
Selon le chroniqueur automobile, retirer les crédits permettrait aux fabricants d’écouter enfin la demande réelle, plutôt que de suivre une direction imposée par les gouvernements. (via PetitPetitGamin)
Antoine Joubert
Interrogé sur la possibilité d’abolir les subventions de Roulez vert, Antoine Joubert n’a pas hésité : « Totalement. » À ses yeux, l’intervention gouvernementale ne garantit pas que les consommateurs achètent le véhicule qui leur convient. Elle peut plutôt encourager les constructeurs à produire les modèles favorisés par les politiques publiques, même si ces modèles ne répondent pas pleinement aux besoins des familles.
Son raisonnement est simple. Si les crédits disparaissent, les fabricants devront proposer des véhicules capables de séduire par leur prix, leur autonomie, leur espace et leur polyvalence. « Les constructeurs vont s’ajuster », affirme-t-il. Une marque qui offrirait uniquement de petites voitures coûteuses risquerait alors de perdre des clients au profit d’une concurrente mieux adaptée à la réalité des automobilistes québécois.
Cette logique arrive dans un contexte où l’aide provinciale diminue rapidement. En 2026, le rabais maximal pour une voiture entièrement électrique neuve est de 2 000 $, alors qu’il atteignait 7 000 $ auparavant. Le programme québécois doit prendre fin après 2026, tandis que l’aide fédérale peut atteindre 5 000 $ pour certains modèles admissibles.
Antoine Joubert remet aussi en question l’idée qu’un acheteur choisit nécessairement l’électrique grâce à la subvention. Dans une concession, le taux de financement peut peser davantage que le montant affiché sur la facture. Il suffit parfois d’une variation de trois points de pourcentage pour faire disparaître plusieurs milliers de dollars d’économies sur la durée du prêt.
Son exemple est parlant : « Il suffit de changer le taux de financement de 3%, puis ton 3 400 $, tu l’as trouvé. » Autrement dit, un rabais immédiat ne raconte pas toute l’histoire. Avant de signer, il faut comparer le coût total, la durée du prêt, les frais, l’assurance et la valeur de revente.
Antoine Joubert
Retirer les subventions ne ferait pas disparaître automatiquement les véhicules électriques. Les modèles réellement pratiques, fiables et concurrentiels pourraient continuer à progresser. Les données montrent toutefois à quel point les aides influencent la demande : les immatriculations de véhicules électriques et hybrides rechargeables neufs ont diminué de 49,1% au Québec en 2025, selon l’Institut économique de Montréal.
Le point central du chroniqueur demeure donc la liberté de choix. Un marché durable devrait convaincre avec de bons produits, et non avec un rabais temporaire. Pour l’acheteur, la meilleure décision consiste à calculer ses besoins réels, son kilométrage annuel et le coût complet du financement avant de se laisser séduire par une subvention.
Le vrai test commence maintenant
Sans aide publique, les constructeurs devront gagner la confiance des Québécois un véhicule à la fois. Si l’électrique répond vraiment aux attentes, il survivra à la fin des rabais. Sinon, le marché aura enfin révélé ce que les consommateurs veulent réellement.
À lire avec les données officielles : le Québec offre jusqu’à 2 000 $ en 2026, et le programme provincial doit disparaître après cette année.
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